Pakistan : le froid commence son effet meurtrier parmi les victimes du séisme

29 novembre 2005

Les premiers cas de décès dus au froid ont été rapportés dans la zone du tremblement de terre qui a frappé le Pakistan en octobre dernier, a annoncé aujourd'hui l'agence des Nations Unies pour les réfugiés, tandis que la Coordination humanitaire des Nations Unies appelle à sauver des vies immédiatement et reconstruire plus tard.

« L'arrivée de l'hiver dans les zones touchées par le tremblement de terre au Pakistan a sérieusement entravé les opérations de secours des Nations Unies, avec le maintien à terre de certains hélicoptères et l'annulation de livraisons par camion », a déclaré le porte-parole du Secrétaire général, Stéphane Dujarric, lors de son point de presse quotidien, au siège de l'ONU à New York.

« L'Opération 'course contre l'hiver' des Nations Unies se poursuit néanmoins pour offrir un abri à des milliers de personnes », a-t-il précisé, indiquant que pour l'instant 19.000 abris avaient été construits par l'armée pakistanaise et que 40.000 autres avaient été fournis par la communauté humanitaire et par la société civile.

« Cette grave situation a conduit le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) à rappeler à la communauté internationale la nécessité de se concentrer sur l'assistance, afin de sauver des vies et de reconstruire plus tard », a ajouté le porte-parole.

Selon OCHA, les promesses de dons faite à la dernière conférence pour le Pakistan, s'élevant à entre 4 milliards et 6 milliards de dollars, ont été affectées en majorité à la reconstruction (voir notre dépêche du 21 novembre 2005).

Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a informé pour sa part que « les premiers cas de décès dus au froid ont été rapportés dans la zone du tremblement de terre – deux enfants sont morts de pneumonie et un homme d'hypothermie dans des villages du Cachemire pakistanais ».

« De nombreux autres décès pourraient avoir lieu à cause de la chute des températures en-dessous de zéro notamment en altitude », a prévenu la porte-parole du HCR, Jennifer Pagonis lors du point de presse qui a eu lieu aujourd'hui au Palais des Nations à Genève.

« Dans les régions de plus basse altitude, nous préparons le terrain pour accueillir encore plus de personnes contraintes de quitter leurs maisons dans les vallées d'altitude à cause du temps de plus en plus froid. Au cours des deux derniers jours, l'armée a rapporté qu'une centaine de familles chaque jour descendait depuis la vallée de Kaghan. 700 autres personnes attendent d'être transférées depuis Banna dans la vallée d'Allai vers les camps de Meira et Batagram », a ajouté la porte-parole.

« Les récents arrivés dans le camp sont en mauvaise santé, beaucoup d'entre eux souffrent de pneumonie. Nous avons protégé les camps contre le froid en fournissant deux bâches de plastiques par tente et trois couvertures par personne », a-t-elle précisé.

« Les besoins en eau et en systèmes sanitaires vont devenir de plus en plus urgent à mesure que de plus en plus de personnes arrivent dans des camps organisés ou spontanés. Pour prévenir la surpopulation et le déclenchement d'épidémies dans les camps, nous avons maintenant 16 équipes mobiles sur le terrain pour faire le point sur les problèmes techniques concernant les latrines et la collecte des ordures, et pour sensibiliser les populations aux problèmes d'hygiène et de sanitaires », a-t-elle conclu.

 

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