Israël/Liban : le Conseil de sécurité condamne les hostilités provoquées par le Hezbollah le long de la ligne bleue

23 novembre 2005

Dans une déclaration à la presse, le président du Conseil de sécurité a condamné les échanges de tirs le long de la Ligne bleue entre Israël et le Liban, provoqués par des hostilités du Hezbollah, et appelé le gouvernement libanais à reprendre le contrôle de tout son territoire.

« Les membres du Conseil expriment leur profonde préoccupation quant aux hostilités initiées par le Hezbollah, du côté libanais, qui se sont rapidement propagées à l'ensemble de la Ligne Bleue », a affirmé aujourd'hui le président du Conseil de sécurité pour le mois de novembre, le représentant de la Fédération de Russie Andrey Denisov, dans une déclaration à la presse.

image• Retransmission de la declaration à la presse[4mins]

Le Conseil « déplore les victimes des deux côtés et appelle toutes les parties à respecter la Ligne Bleue dans son ensemble, à faire preuve de la plus grande retenue et à s'abstenir de toute mesure qui pourrait conduire à poursuivre l'escalade de la situation ».

« Le Conseil a réitéré son appel au Gouvernement du Liban à étendre son autorité et à exercer son monopole du recours à la force sur tout le territoire, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité », a affirmé Andrey Denisov.

Le président du Conseil de sécurité a rappelé par ailleurs que le Conseil avait entendu ce matin un exposé du Secrétaire général sur sa récente visite au Moyen Orient.

Hier, le Secrétaire général avait condamné les échanges de tirs le long de la Ligne bleue (voir notre dépêche du 22 novembre 2005), au lendemain d'un message similaire du Secrétaire général adjoint aux affaires politiques de l'ONU, Ibrahim Gambari (voir notre dépêche du 21 novembre 2005).

Selon les informations parues dans la presse, les attaques lancées par le Hezbollah dans la zone des « fermes de Chebaa » ont provoqué des répliques de l'aviation israélienne.

Présentant le 3 novembre dernier son rapport sur la résolution résolution 1559 (2004) du Conseil de sécurité, qui vise au rétablissement de la souveraineté du Liban sur son territoire, l'Envoyé de l'ONU chargé de son application, Terje Roed-Larsen, avait affirmé que l'ONU continuerait d'assister le gouvernement libanais à démanteler et à désarmer les milices, notamment le Hezbollah et les factions palestiniennes, rappelant qu'il s'agissait d'une exigence tant de la résolution 1559 du Conseil de sécurité que de l'Accord de Taef, qui a mis fin à la guerre civile au Liban.

Terje Roed-Larsen rappelait par ailleurs que, bien que « de nombreux Libanais continuent de soutenir que le Hezbollah n'est pas une milice, mais un 'mouvement légitime de résistance' qui se bat pour libérer la région des fermes de Chebaa de l'occupant israélien », « cette interprétation du statut des fermes de Chebaa est diamétralement opposée à la position de l'Organisation des Nations Unies ».

« J'ai confirmé dans mon rapport au Conseil de sécurité en date du 16 juin 2000 (S/2000/590) qu'Israël s'était acquitté à compter de cette date de l'obligation qui lui incombait au titre des résolutions 425 (1978) et 426 (1978) du Conseil de sécurité de « retirer ses forces de tout le territoire libanais ». Le Conseil a approuvé cette conclusion dans la déclaration de son président (S/PRST/2000/21) en date du 18 juin 2000. Le Conseil et moi-même avons affirmé en de multiples occasions que les fermes de Chebaa ne faisaient pas partie du Liban », avait observé l'Envoyé du Secrétaire général, dont la précédente mission pour l'ONU était celle de Coordonnateur spécial pour le Moyen-Orient.

« Toute 'résistance' libanaise pour 'libérer' la région de l'occupation israélienne ne saurait donc être considérée comme légitime. D'autre part, même si les prétentions libanaises sur les fermes de Chebaa étaient fondées, il serait de la seule responsabilité du Gouvernement libanais de les défendre, conformément au droit international et aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité », avait-t-il ajouté.

 

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