Niger : alerte du PAM sur le risque d'une seconde crise alimentaire en 2006

23 novembre 2005

Le Programme alimentaire des Nations Unies a prévenu aujourd'hui qu'à défaut d'un engagement de la communauté internationale pour financer son appel de fonds de 20,3 millions de dollars, le Niger ferait face à une seconde crise alimentaire, qui toucherait en particulier les enfants.

Le Programme alimentaire des Nations Unies a prévenu aujourd'hui qu'à défaut d'un engagement de la communauté internationale pour financer son appel de fonds de 20,3 millions de dollars, le Niger ferait face à une seconde crise alimentaire qui toucherait en particulier les enfants.

« Une récente évaluation de la sécurité alimentaire par le Programme alimentaire mondial (PAM) dans les régions les plus gravement affectées au Niger révèle la situation préoccupante d'une population pauvre, endettée et largement affectée par l'insécurité alimentaire », indique un communiqué de l'agence publié aujourd'hui à Niamey.

Le PAM estime que 1,2 millions de personnes n'ont de stocks de céréales suffisants que pour trois mois, tandis que 2 millions d'autres personnes n'ont de stocks suffisants que pour cinq mois. Et 2 millions d'autres auront une année difficile alors que les moyens de subsistance sont déjà précaires.

« Même si les pluies s'avèrent suffisantes, si les criquets ne s'abattent pas sur le pays, que les récoltes sont bonnes et que les prix des céréales restent stables l'année prochaine, de nombreux Nigériens ont déjà pratiquement épuisé leurs ressources », alerte l'agence des Nations Unies.

Le PAM fait observer que la malnutrition continue de peser le plus fortement sur les enfants. « Avec le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) et l'organisation non gouvernementale (ONG) Médecins sans frontières, près de 200.000 enfants et leurs familles ont été traités et nourris dans 700 centres au Niger cette année » (voir notre dépêche du 3 octobre 2005).

Le PAM aura besoin de 20,3 millions de dollars pour financer son opération d'urgence en cours jusqu'au mois de mars prochain, dont 8,3 millions immédiatement, sans quoi des pénuries sont à craindre dès le mois de décembre.

« Le Niger a malheureusement disparu de l'agenda international, ce qui pourrait avoir des conséquences désastreuses […]. Mais le Niger a besoin de plus que d'une 'roue de secours'. Il faut une assistance ciblée et soutenue pour lui permettre de sortir de la pauvreté et de la misère une fois pour toutes », a conclu le directeur du PAM au Niger, Gian Carlo Cirri.

Le 5 août dernier, les Nations Unies avaient réévalué à 81 millions de dollars les fonds nécessaires pour faire face à la crise alimentaire sévissant au Niger (voir notre dépêche du 5 août dernier), alors que le précédent appel pour venir en aide à 3,6 millions de personnes touchées par la crise s'élevait à 16 millions de dollars (voir notre dépêche du 19 mai 2005).

La réponse tardive des donateurs aux appels des Nations Unies pour remédier à la crise a eu pour conséquence d'aggraver la crise, entraînant une spectaculaire augmentation des coûts, avait estimé James Morris, directeur du PAM, le 3 août dernier.

Désertification accélérée, sécheresse prolongée et invasions répétées de criquets pèlerins ont entraîné des mauvaises récoltes et provoqué cette crise alimentaire.

 

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