Libéria : le Conseil de sécurité autorise la Mission de l'ONU à arrêter Charles Taylor

11 novembre 2005

Dans une résolution adoptée aujourd'hui à l'unanimité, le Conseil de sécurité a autorisé la Mission de l'ONU au Libéria à placer en détention l'ancien président Charles Taylor, s'il retournait dans son pays, et à le transférer au Tribunal spécial pour la Sierra Leone.

Le Conseil de sécurité a adopté, aujourd'hui, à l'unanimité, la résolution 1637 par laquelle il étend le mandat de la Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL) qui pourra désormais appréhender, placer en détention l'ancien président du Libéria Charles Taylor, s'il retournait dans son pays, et le transférer en Sierra Leone pour qu'il y soit jugé devant le Tribunal spécial.

Créé par la résolution 1509 du 19 septembre 2003, la MINUL avait jusqu'ici pour mandat de vérifier la mise en œuvre de l'Accord de cessez-le feu et le processus de paix, d'appuyer les activités humanitaires et en faveur des droits de l'homme ou encore de soutenir l'effort de réforme de la sécurité nationale.

La Mission a été mise sur pied après la destitution de Charles Taylor le 12 août 2003, qui a depuis lors, été inculpé par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone, qui a retenu 17 chefs d'accusation à son encontre pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité (voir notre dépêche du 22 mars 2005).

Par la résolution 1315 du 14 août 2000, le Conseil de sécurité avait demandé au Secrétaire général de négocier avec le gouvernement de la Sierra Leone un accord portant sur la création d'un tribunal spécial chargé de juger les atrocités commises sur le territoire de cet État meurtri par plusieurs années de guerre civile. L'accord avait été conclu en février 2001.

Plus ancienne république d'Afrique, le Liberia était tombé dans l'instabilité au début des années 80, après le coup d'Etat de Samuel Doe. En 1995, les élections présidentielles avaient vu la victoire de Charles Taylor. Une rébellion dans le nord du pays ainsi que la pression internationale pour faire cesser le soutien du Liberia à la guerre civile en Sierra Leone avait conduit Charles Taylor à démissionner en 2003, puis à partir en exil au Nigeria.

Avant son départ pour le Nigeria, l'ancien président libérien avait signé le 18 août, un Accord de paix global avec le LURD (Libériens pour la réconciliation et la démocratie), et le MODEL (Mouvement pour la démocratique au Libéria). Cet Accord avait ouvert la voie à la formation d'un gouvernement national de transition, dirigé par un représentant de la société civile, Guy Bryant.

La transition prendra fin avec l'investiture du vainqueur des élections présidentielles dont le deuxième tour de scrutin a eu lieu le 8 novembre dernier. À ce jour, la Commission électorale nationale prévoit une victoire de Ellen Johnson Sirleaf contre George Weah.

Près de 250.000 personnes sont mortes au cours de la guerre civile au Liberia, marquée par une grande violence contre les populations civiles, des violations graves des droits de l'homme, le recours aux enfants soldats et le pillage systématique des ressources du pays.

 

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