Somalie : le Conseil de sécurité condamne la tentative d'assassinat du Premier ministre Gedi

9 novembre 2005

Le Conseil de sécurité a condamné aujourd'hui dans une déclaration présidentielle la tentative d'assassinat du Premier ministre somalien, appelant à mettre fin aux rivalités au sein des institutions fédérales de transition. Il s'est aussi déclaré préoccupé par la recrudescence des attaques de pirates et les pénuries alimentaires.

Le Conseil de sécurité « exprime sa préoccupation devant les activités militaires et les propos hostiles signalés récemment, et souligne que le recours à la force armée pour régler les divergences actuelles entre les institutions fédérales de transition est inadmissible », indique aujourd'hui une déclaration présidentielle du Conseil de sécurité.

Le Conseil a aussi « condamné dans les termes les plus énergiques la tentative d'assassinat perpétrée le 6 novembre 2005 à Mogadishu contre le Premier Ministre Ali Mohammed Gedi ».

Cette condamnation intervient dans la foulée de celle prononcée par le Représentant spécial du Secrétaire général pour la Somalie, François Lonseny Fall (voir notre dépêche du 7 novembre 2005), qui était venu présenter aujourd'hui au Conseil de sécurité le dernier rapport du Secrétaire général sur la situation dans le pays.

François Lonseny Fall a également donné aujourd'hui, à l'issue de la séance à huis clos du Conseil de sécurité, une conférence de presse.

image• Retransmission de la conférence de presse[51mins]

Dans sa déclaration d'aujourd'hui, sur le volet politique, le Conseil de sécurité se dit « préoccupé et déçu de ce qu'il n'y ait pas de progrès en ce qui concerne la rivalité entre les dirigeants des institutions fédérales de transition, et de ce que le Parlement fédéral de transition, qui a un rôle essentiel à jouer dans la promotion du processus de paix, ne fonctionne pas ».

Il demande à toutes les parties somaliennes et aux dirigeants des institutions fédérales de transition de « prendre sans délai des mesures concrètes pour parvenir à un accord par une concertation sans exclusive ».

« Il félicite le Premier Ministre de son initiative visant à convoquer rapidement à Mogadishu un conseil des ministres complet, qui serait suivi d'une session complète du Parlement ».

« Le Conseil confirme qu'il continue d'appuyer les institutions fédérales de transition et rappelle la nécessité d'arrêter un plan national de sécurité et de stabilisation, dans le cadre duquel l'action visant à reconstruire le secteur de la sécurité devrait s'inscrire ».

Par ailleurs, sur le plan sécuritaire, le Conseil de sécurité « condamne l'accroissement des arrivées d'armes en Somalie et les violations continues de l'embargo sur les livraisons d'armes imposé par l'Organisation des Nations Unies ».

Le 14 octobre dernier, le Conseil de sécurité s'était déclaré préoccupé par «l'augmentation considérable des flux d'armes et de munitions qui arrivent en Somalie ou transitent par celle-ci, ce qui constitue une violation de l'embargo sur les armes et menace gravement le processus de paix en Somalie» et avait prié le Secrétaire général de reconstituer, pour une période de six mois, le Groupe de contrôle chargé de superviser l'application de l'embargo sur les armes imposé à la Somalie (voir notre dépêche du 14 octobre 2005).

Le Conseil exprime aussi « sa grave préoccupation face à la multiplication des incidents de piraterie au large des côtes de la Somalie. Il condamne les récents détournements de navires dans la région, en particulier de navires transportant des fournitures humanitaires à destination de la Somalie ».

Enfin, sur le dossier humanitaire, le Conseil « exprime son inquiétude croissante pour le million de Somaliens en situation d'urgence humanitaire ou souffrant de la grave détérioration de leurs moyens de subsistance et de l'insécurité alimentaire et civile croissante dans certaines parties du sud de la Somalie, où les taux de malnutrition ont augmenté ».

Il souligne que l'amélioration de l'accès du personnel humanitaire à tous les Somaliens dans le besoin est un élément essentiel d'une paix et d'une réconciliation durables.

Le Conseil engage fermement les institutions fédérales de transition à assurer le libre accès du personnel humanitaire et à fournir des garanties en ce qui concerne sa sûreté et sa sécurité. Il condamne dans les termes les plus vigoureux le meurtre d'un agent de sécurité somalien de l'ONU le 3 octobre à Kismayo. Il demande que les responsables de cet acte aient à en répondre (voir notre dépêche du 6 octobre 2005).

 

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