HCR: l'opération de rapatriement et de réintégration au Burundi est compromise

28 octobre 2005

En l'absence de contributions financières supplémentaires immédiates, l'agence des Nations Unies pour les réfugiés prévient qu'elle n'aura pas d'autre choix que de réduire ou de suspendre le rapatriement de centaines de milliers de réfugiés burundais depuis la Tanzanie ni soutenir plus longtemps les activités de réintégration pour les rapatriés au Burundi.

« Nous allons rapidement manquer de fonds pour l'une des plus importantes opérations de rapatriement dans le monde et la plus importante en Afrique », a déclaré aujourd'hui le porte-parole du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), Ron Redmond, lors de son point avec la presse au siège de l'ONU à Genève.

« Sur les 62 millions dont nous avons besoin et pour lesquels nous avons lancé un appel pour financer l'opération de rapatriement au Burundi cette année, nous avons seulement reçu 29 millions (soit un manque d'environ 52%) », a-t-il déclaré.

Nous avons, en fait, déjà dépensé les fonds correspondant à cet appel et nous utilisons actuellement les fonds d'urgence de notre réserve opérationnelle de façon à poursuivre nos activités. Cependant, nous ne pourrons continuer de puiser dans ces fonds que seulement quelques semaines, a précisé Ron Redmond.

« Cette crise financière ne pouvait pas survenir à un moment plus critique pour l'opération et la région. Après des hauts et des bas, la transition politique au Burundi, commencée en 2001, est parvenue à une résolution pacifique avec l'élection du président Pierre Nkurunziza en août 2005. Sa prise de fonction a favorisé une forte augmentation du nombre de retours de réfugiés burundais », a expliqué le porte-parole.

Depuis août, entre 12 000 et 15 000 personnes ont été rapatriées chaque mois, la plupart d'entre eux depuis la Tanzanie voisine. La plupart des réfugiés se trouvent en Tanzanie depuis le milieu des années 90, mais certains y sont même depuis le début des années 70, indique le HCR.

« Le nouveau gouvernement burundais doit faire face à d'immenses défis : la reconstruction des maisons et des infrastructures, la création de systèmes de santé et d'éducation et la mise en place définitive d'une paix stable, ainsi que la réintégration de centaines de milliers de réfugiés rapatriés et de personnes déplacées internes ».

« Cette année, nous avons prévu de construire quelque 23 000 maisons, 48 écoles avec un total de 245 salles de classe et 14 centres de santé. A cause du manque de fonds, nous avons dû réviser nos objectifs à 43 écoles et 11 centres de santé mais si la crise financière actuelle persiste, nous devrons stopper nos programmes de construction. Les programmes d'activités génératrices de revenus et de formation professionnelle dont bénéficient quelque 10 000 personnes seront également suspendus ».

Selon le HCR, quelque 285 000 Burundais sont rentrés chez eux depuis 2001 - dont 58 000 d'entre eux depuis début 2005. Néanmoins, la Tanzanie accueille toujours plus de 400 000 réfugiés burundais - ainsi que 150 000 Congolais.

« Devoir annoncer une suspension de ce rapatriement volontaire à cause d'un financement insuffisant pourrait envoyer un message négatif dans une période particulièrement sensible pour un pays qui a supporté un énorme fardeau et montré une très grande générosité envers les réfugiés depuis des années », a conclut Ron Redmond.

 

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