Le Conseil de sécurité marque le 5e anniversaire de sa résolution 1325 sur les femmes et la paix

27 octobre 2005

Dans le cadre d'une séance publique, le Conseil de sécurité a célébré aujourd'hui le 5e anniversaire de la résolution 1325, une résolution pionnière qui appelait à un rôle accru des femmes dans les processus de paix et a examiné les différents moyens d'en accélérer la mise en œuvre.

Lors de cette séance publique à laquelle a participé Jean-Marie Guéhenno, chef des opérations de maintien de la paix, le Conseil de sécurité a examiné le plan d'action proposé par le Secrétaire général dans son dernier rapport sur la question pour accélérer la mise en œuvre de la résolution1325 sur les femmes, la paix et la sécurité dans l'ensemble du système des Nations Unies.

Le rapport souligne notamment la nécessité d'inclure plus systématiquement les perspectives sexospécifiques – c'est-à-dire la défense de l'égalité entre les hommes et les femmes - dans les accords de paix.

Grâce à l'inclusion des femmes dans les négociations de paix, il est probable que les accords de paix rallieront le plein appui de la communauté et finalement, de la nation tout entière, et que les criminels de guerre coupables de viols et autres sévices sexuels ne resteront pas impunis, a expliqué le Secrétaire général.

Les femmes sont essentielles au succès de la Commission de la consolidation de la paix, affirme le rapport.

Cinq ans après l'adoption de la résolution 1325, les femmes ne sont toujours pas représentées de manière adéquate à la table des négociations, au sein des gouvernements ou dans les conférences dans la plupart des régions du monde, particulièrement dans celles exposées aux conflits armés, a déploré pour sa part Louise Fréchette, Vice Secrétaire générale des Nations Unies, lors de la séance publique.

« Il faut donc que les gouvernements redoublent d'efforts », a-t-elle estimé.

image• Retransmission de la séance du Conseil de sécurité[3h04mn]

Rachel Mayanja, Sous Secrétaire générale et Conseillère spéciale pour la parité entre les sexes et la promotion de la femme, a estimé que la résolution 1325 avait fondamentalement changé l'image des femmes qui sont passées du statut exclusif de victimes de guerre à celui de participantes actives au processus de paix.

Cette résolution a notamment été utilisée par les femmes de l'Afghanistan, de la Bosnie, du Burundi, de la Colombie, de la République démocratique du Congo, de l'Iraq, du Soudan et du Timor-Leste afin d'exiger que leur voix soit entendue au sein des processus de consolidation de la paix, d'élections à l'issue d'un conflit, et de reconstruction de leurs sociétés, a-t-elle indiqué.

Malgré ces progrès, a-t-elle cependant fait observer, des lacunes subsistent, notamment en matière de prévention des conflits, d'alerte précoce, de protection des femmes et des filles et de lutte contre la violence sexiste.

Devant les membres du Conseil, des femmes d'Afghanistan et de Côte d'Ivoire ont expliqué comment elles se sont servies de cette résolution pour revendiquer leur place à la table des négociations de paix et faire du lobbying en faveur de leur participation sur un pied d'égalité à la vie politique après un conflit.

Elles ont également mis en relief les difficultés auxquelles elles continuent de faire face.

Jean-Marie Guéhenno, Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, et Noeleen Heyzer, Directrice exécutive de UNIFEM, ont également pris la parole.

« Depuis l'adoption de cette résolution il y a cinq ans, beaucoup de progrès ont également été réalisés au sein du système même des Nations Unies. On a mieux compris comment incorporer les questions sexospécifiques dans tous les aspects de la paix et de la sécurité », avait déclaré Rachel Mayanja, lors d'une conférence de presse donnée hier au siège de l'ONU.

image• Retransmission de la conférence presse [52mins]

 

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