Le Secrétaire général appelle le Conseil de sécurité à faire pression sur l'Erythrée

26 octobre 2005

Face à la multiplication des restrictions imposées par l'Erythrée à la Mission des Nations Unies qui surveille le cessez-le-feu avec l'Ethiopie, le Secrétaire général a demandé hier au Conseil de sécurité de faire pression sur le gouvernement érythréen et d'exercer « toute son influence ».

« J'estime que la situation actuelle n'est pas simplement alarmante, il s'agit d'une crise qui nécessite que la communauté internationale lui accorde toute l'attention voulue et prenne d'urgence des mesures concrètes », a déclaré hier le Secrétaire général dans une lettre transmise au Conseil de sécurité, faisant référence à la multiplication des restrictions imposées par l'Erythrée à la Mission des Nations Unies en Éthiopie et en Érythrée (MINUEE).

« Faute d'actions concrètes, je crains que la situation ne s'envenime et qu'elle n'aboutisse, volontairement ou à cause d'une erreur d'appréciation, à la reprise d'hostilités dévastatrices », a prévenu Kofi Annan.

« La décision prise par l'Érythrée de restreindre tout type de déplacement de la MINUEE par hélicoptère dans l'espace aérien érythréen compromet sérieusement la capacité de la Mission de s'acquitter de ses fonctions de surveillance, comme demandé par les parties dans l'Accord de cessation des hostilités du 18 juin 2000 et autorisé par le Conseil dans ses résolutions 1312 (2000) et 1320 (2000) », a-t-il affirmé (voir en dernier lieu, sur les restrictions imposées, notre dépêche du 24 octobre 2005).

« Aussi cette décision risque-t-elle d'entraver sérieusement les perspectives de mise en œuvre de l'Accord de paix signé entre les représentants de l'Érythrée et de l'Éthiopie, à Alger le 12 décembre 2000 », a-t-il alerté.

« En outre, cette restriction imposée par l'Érythrée nuit gravement à la sécurité des Casques bleus et de leurs opérations, si bien que l'on ne peut pas maintenir leur présence dans les petits postes isolés – 18 endroits sur 40 – car ce n'est plus réalisable sur le plan opérationnel », a-t-il déploré.

Dans sa lettre, le Secrétaire général rappelle que récemment, à l'occasion d'une réunion organisée avec les pays qui fournissent des contingents, le Représentant de l'Inde et le Représentant de la Jordanie se sont déclarés « alarmés par cette interdiction des vols en hélicoptère et par les autres restrictions imposées par les autorités érythréennes et les ont décrites à leur gouvernement comme étant inacceptables ».

Kofi Annan indique par ailleurs avoir transmis ses « vives inquiétudes » au Président érythréen, Isaias Afwerki », lui demandant de « revenir sans attendre sur ces restrictions préjudiciables ».

Isaias Afwerki, rapporte-t-il, lui a fait savoir, le 20 octobre dernier, que « le Conseil de sécurité et lui-même s'étaient mis sur la touche pour les questions relatives au processus de paix ».

En conséquence, il appelle le Conseil de sécurité à exercer « toute son influence pour éviter que la situation ne se détériore davantage » et « faire en sorte que les restrictions imposées à la MINUEE soient levées ».

Il souligne « qu'après des années d'impasse frustrantes, il est impératif que le Conseil de sécurité, organe responsable au premier chef du maintien de la paix et de la sécurité internationales, s'attaque aux causes mêmes de cette impasse, notamment en ce qui concerne la position de l'Éthiopie au regard de la décision prise par la Commission du tracé de la frontière entre l'Érythrée et l'Éthiopie ».

Il dénonce enfin les restrictions imposées aux opérations humanitaires en Érythrée qui notamment ralentissent de manière significative la distribution de l'aide alimentaire.

L'insécurité alimentaire reste « fort préoccupante, sachant que, dans nombre de régions du pays, les taux de malnutrition dépassent le seuil d'urgence », conclut-il.

Le Conseil de sécurité doit se réunir aujourd’hui pour des consultations sur l’Ethiopie et l’Erythrée, a indiqué le porte-parole du Secrétaire général, Stéphane Dujarric, lors de son point de presse quotidien, au siège de l’ONU, à New York.

 

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