La détérioration de la situation au Darfour pourrait avoir un impact dévastateur sur la région, alerte le HCR

25 octobre 2005

La détérioration de la situation au Darfour pourrait avoir « un impact dévastateur » sur les espoirs de paix au Soudan et sur les pays voisins, a alerté dimanche le chef de l'agence des Nations Unies pour les réfugiés.

« Nous sommes témoins sur le terrain d'une importante aggravation de la situation », a déclaré dimanche à Londres, lors du lancement international du DVD du concert « Voices for Darfour », António Guterres, Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, indique un communiqué du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), publié aujourd'hui à Genève.

« La sécurité s'est terriblement détériorée depuis six semaines, plus particulièrement dans l'ouest du Darfour, avec des embuscades, des prises d'otages et des attaques contre les villages, ainsi que dans le camp d'Aro Sharow pour les personnes déplacées qui ont provoqué la mort de 34 déplacés et villageois », a expliqué le Haut Commissaire.

« Les travailleurs humanitaires constituent de plus en plus la cible d'attaques. Les agences humanitaires sont considérablement gênées dans leur capacité d'opération sur le terrain », a-t-il ajouté.

« Il y a trois crises différentes en ce moment », a-t-il expliqué.

« Le Sud-Soudan, où la paix a été rétablie sur la base du partage des revenus pétroliers, le Darfour et, enfin, l'est du Soudan, où les événements sont également en relation avec ceux des pays voisins, dont l'Erythrée et l'Ethiopie », a-t-il précisé.

« Le Darfour, a-t-il fait remarquer, est la clé du succès ou de l'échec pour l'ensemble du Soudan. S'il y a succès au Darfour, cela aura un impact positif pour coordonner les accords de paix dans le sud et pour permettre un développement de la paix dans l'est ».

« Si la situation empire au Darfour, cela se détériorera y compris dans le sud où l'accord sera alors menacé », a-t-il alerté.

Le Haut Commissaire a aussi exprimé sa profonde inquiétude quant à un possible effet négatif sur les autres pays voisins, particulièrement le Tchad, qui accueille déjà plus de 200.000 réfugiés soudanais du Darfour.

Après des incidents graves et répétés, les Nations Unies ont décidé, le 11 octobre dernier, de redéployer le personnel non essentiel en dehors de l'ouest du Darfour, par mesure de précaution, rappelle le communiqué.

Des 31 millions de dollars nécessaires pour les activités du HCR au Darfour en 2005, les contributions reçues à ce jour s'élèvent seulement à 14,4 millions de dollars. Le HCR est présent dans l'ouest du Darfour depuis juin 2004, avec des bureaux à El Geneina, Zalinge, Mukjar et Nyala, au sud du Darfour.

Dans son dernier rapport sur le Darfour, publié vendredi dernier, le Secrétaire général a également regretté la « détérioration alarmante » de la situation en matière de sécurité dans la région du Darfour.

Il a par ailleurs dénoncé l'appui du gouvernement soudanais aux milices tribales qui sèment la terreur en violation des résolutions du Conseil de sécurité qui demandent le désarmement des milices et leur jugement par les autorités du pays (voir notre dépêche du 21 octobre 2005).

Dans une déclaration présidentielle, le Conseil de sécurité avait condamné, le 13 octobre dernier, les attaques intervenues dernièrement au Darfour, rappelé au gouvernement du Soudan son engagement de désarmer les milices et exigé des autorités et des rebelles qu'ils coopèrent avec les forces de l'Union africaine, déployées dans la région pour protéger la population (voir notre dépêche du 13 octobre 2005).

Le Conseiller spécial pour la prévention des génocides, avait constaté, lors de sa dernière visite au Darfour, que les populations n'étaient toujours pas à l'abri d'un génocide ou « d'un deuxième génocide » (voir notre dépêche du 11 octobre 2005).

 

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