Moyen-Orient : la résurgence de la violence ne doit pas entraver la poursuite des négociations, affirme Ibrahim Gambari

Moyen-Orient : la résurgence de la violence ne doit pas entraver la poursuite des négociations, affirme Ibrahim Gambari

Ibrahim Gambari
Le Secrétaire général adjoint pour les affaires politiques a regretté, lors d'un exposé au Conseil de sécurité sur la situation au Moyen-Orient, qu'un rafraîchissement des relations entre Israéliens et Palestiniens ait succédé à l'optimisme qui avait suivi le désengagement de Gaza par Israël.

La résurgence de la violence a sapé les progrès accomplis après le désengagement de gaza, conduisant notamment au report, par deux fois, des réunions entre le Premier ministre israélien, Ariel Sharon, et le Président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a déclaré le Secrétaire général adjoint.

image• Retransmission de la séance du Conseil de sécurité[23mins]

Ibrahim Gambari a exprimé l'espoir que les prochains pourparlers aient bien lieu en novembre et estimé que ces réunions devraient être périodiques.

« Nous espérons que les dirigeants auront la ténacité et le courage de poursuivre les négociations au cours des mois prochains, même en cas de crise sécuritaire », a-t-il souhaité.

« Cette situation a conduit au manque de progrès sur les points les plus importants dans l'immédiat ».

Tout d'abord la réouverture du poste frontière de Rafah avec l'Egypte, qui donnerait à l'Autorité palestinienne une porte vers le reste du monde, a-t-il souligné.

Néanmoins, a indiqué le Secrétaire général adjoint, « selon Alvaro de Soto, Représentant spécial du Secrétaire général pour le Moyen-Orient, les parties sont parvenues à un consensus sur les principaux éléments techniques » préalables à sa réouverture possible le 15 novembre prochain.

Ensuite, l'amélioration de la circulation des biens et des personnes entre Israël et Gaza, reste au point mort (voir sur l'importance de ce point pour l'économie palestinienne, notre dépêche du 14 octobre 2005).

Le Secrétaire général adjoint a indiqué que le Quatuor pour le Moyen-Orient, composé des États-Unis, de la Fédération de Russie, de l'ONU et de l'Union européenne, mettait en place un programme d'assistance économique pour les Palestiniens. L'Union européenne a promis le 5 octobre dernier d'accroître son assistance de 250 millions d'euros, mais elle est conditionnée à l'amélioration de la sécurité et de la circulation.

S'agissant de la sécurité, Ibrahim Gambari a rappelé les tirs de roquettes lancés par le Hamas contre Israël après une explosion dont le groupe armé était lui-même responsable et les représailles israéliennes. Il a aussi rappelé les affrontements entre les services de sécurité palestiniens et le Hamas.

« La direction palestinienne a annoncé sa décision de confisquer les armes détenues illégalement et a nommé trois responsables pour la réforme du système de sécurité ».

« Ces mesures pourraient contribuer grandement à la maîtrise de la violence interne et au progrès relatifs à la sécurité du côté palestinien », a indiqué Ibrahim Gambari.

Il a rappelé également que les prochaines élections législatives palestiniennes se dérouleraient le 25 janvier 2006.

Ce dernier a par ailleurs rappelé que les appels du Quatuor à Israël relatifs à la construction de la barrière [le mur de sécurité construit le long de la Cisjordanie et autour de Jérusalem] n'avaient pas été entendus.

Il a salué à cet égard la rencontre qui avait lieu à Washington aujourd'hui entre le président des Etats-Unis et le Président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.

George W. Bush a notamment réaffirmé son engagement en faveur de la création de deux Etats démocratiques vivant en paix, Israël et la Palestine, et appelé Israël à geler les colonies de peuplement.