Pakistan : Jan Egeland appelle à la mise en place d'un pont aérien similaire à celui de Berlin en 1948

Pakistan : Jan Egeland appelle à la mise en place d'un pont aérien similaire à celui de Berlin en 1948

Jan Egeland
Face à un cauchemar logistique sans précédent et face à une situation pire que celle du tsunami, le Coordonnateur des secours d'urgence des Nations Unies a appelé hier à la mise en place d'un pont aérien, semblable à celui de Berlin, pour venir en aide aux dizaines de milliers de personnes toujours coupées du monde, après le séisme qui a dévasté la région du Cachemire.

« Nous n'avons jamais eu à faire face à un tel cauchemar logistique. Nous pensions que nous avions connu le pire avec le tsunami. Mais c'est pire encore », a déclaré hier Jan Egeland, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence, lors d'une conférence de presse donnée à Genève.

« La course contre la montre est la pire que nous ayons connu », a insisté Jan Egeland, expliquant qu'il était crucial de pouvoir atteindre les dizaines de milliers de personnes toujours isolées avant l'arrivée des premières neiges des montagnes de l'Himalaya.

Selon les dernières estimations, 48.000 personnes sont mortes dans le tremblement de terres qui a frappé le 8 octobre dernier et dévasté la région du Cachemire, en Inde et au Pakistan.

« Mais le nombre de morts pourrait doubler », a prévenu le Secrétaire général adjoint.

« Peut-être plus grave encore est la proportion des blessés. Quelque 67.000 personnes sont gravement blessées. Ce chiffre pourrait également doublé ou même triplé, ce qui signifie que des dizaines milliers de personnes qui sont entre la vie et la mort pourraient succomber dans les prochains jours, s'il ne sont pas atteints à temps par les secours », a-t-il souligné.

« Nous avons besoin de secours humanitaires comme nous n'en avions jamais organisé auparavant. Nous devons penser différemment. Nous devons penser plus grand. Il nous faut mettre en place un pont aérien de la taille de celui de Berlin », a-t-il lancé, faisant allusion au pont aérien établi en 1948 par les Américains pour ravitailler Berlin, alors soumise à un blocus de l'Union soviétique.

« Si on a pu le faire à la fin des années 1940, établissant en très peu de temps un cordon de sécurité pour des millions de personnes, nous devrions pouvoir le faire en 2005 », a-t-il fait remarquer.

Jan Egeland a regretté que l'aide apportée jusqu'à présent ne soit pas au niveau des besoins de la communauté humanitaire. « Nous avons reçu à ce jour 86 millions de dollars de promesses faites après l'appel de fonds lancé les des Nations Unies. Ce qui constitue seulement un quart de nos besoins », a-t-il précisé.

Il s'est félicité par ailleurs du fait que l'OTAN envisageait d'apporter une aide supplémentaire, dans la mesure où elle pourrait faire plus. Il a également salué le fait que le Pakistan et l'Inde aient fait savoir qu'ils ne laisseraient pas les anciens désaccords nuire au déroulement des opérations.

De New York, le Secrétaire général a également lancé hier un appel à accroître les contributions financières et matérielles et prévenu qu'une deuxième vague de victimes était à craindre, si l'on n'agissait pas au plus vite (voir notre dépêche du 19 octobre 2005).

« Contrairement à d'autres catastrophes naturelles, au cours desquelles les victimes meurent immédiatement, le bilan des victimes au Pakistan n'est pas terminé. Une seconde vague massive de décès se produira si nous n'accroissons pas nos efforts tout de suite », a affirmé le Secrétaire général lors d'une conférence de presse donnée au siège de l'ONU, à New York.

L'appel d'urgence lancé par les Nations Unies, d'un montant révisé à 312 millions de dollars, n'a pour l'instant suscité des promesses qu'à hauteur de 12%. En comparaison, a rappelé le Secrétaire général, l'appel d'urgence pour le tsunami avait été financé à 80%, 10 jours après la catastrophe.

Les obstacles logistiques pour accéder aux victimes du tremblement de terre sont parmi les plus difficiles et les plus complexes que la communauté humanitaire ait connue, avait déjà alerté le directeur du Programme alimentaire des Nations Unies (PAM), le 18 octobre dernier (voir notre dépêche du 18 octobre 2005).

L'agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), le gouvernement turc et l'OTAN ont mis en place un pont aérien depuis la base aérienne d'Incirlik, au sud de la Turquie, pour transporter des centaines de tonnes de fournitures humanitaires (voir notre dépêche du 18 octobre 2005).

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