Pakistan : agir plus vite pour éviter une seconde vague de victimes, exhorte le Secrétaire général

19 octobre 2005

Le Secrétaire général a lancé aujourd'hui un appel à accroître les contributions financières et matérielles aux 4 millions de personnes touchées par le tremblement de terre au Pakistan, prévenant qu'une deuxième vague de victimes était à craindre si l'on n'agissait pas au plus vite.

« Contrairement à d'autres catastrophes naturelles, au cours desquelles les victimes meurent immédiatement, le bilan des victimes au Pakistan n'est pas terminé. Une seconde vague massive de décès se produira si nous n'accroissons pas nos efforts tout de suite », a déclaré aujourd'hui le Secrétaire général lors d'une conférence de presse donnée au siège de l'ONU, à New York.

image• Retransmission de la conférence de presse[22mins]

Le Secrétaire général était venu, aux côtés de Margareta Wahlstrom, Coordonnatrice adjointe des secours d'urgence de l'ONU au Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), lancer un appel à accroître sérieusement l'assistance aux victimes du Pakistan (voir notre dépêche du 18 octobre sur le bilan des secours établi hier).

« Il est impossible par des images de transmettre l'ampleur véritable de cette catastrophe. Dans les zones les plus affectées, qui couvrent plus de 28.000 kilomètres carrés au Pakistan, toutes les infrastructures, c'est-à-dire des milliers d'écoles, d'hôpitaux, d'administrations et de systèmes d'épuration des eaux, les routes et les moyens de transport, ont été détruits », a affirmé Kofi Annan.

Alors que le nombre de victimes s'élève pour l'instant à 42.000 morts et 67.000 blessés, les chiffres sont en réalité bien plus élevés car des centaines de milliers de personnes ne sont toujours pas accessibles.

« Il faut d'abord plus de fonds ». L'appel d'urgence lancé par l'ONU, d'un montant révisé à 312 millions de dollars, n'a pour l'instant suscité des promesses qu'à hauteur de 12%, c'est-à-dire 37 millions de dollars. En comparaison, a rappelé le Secrétaire général, l'appel d'urgence pour le tsunami avait été financé à 80%, 10 jours après la catastrophe.

« Il faut ensuite plus d'équipement - hélicoptères, camions et tracteurs lourds », a-t-il souligné, lançant un appel en direction notamment de l'OTAN et de l'Organisation de la conférence islamique (OCI).

« Il faut aussi des abris et des moyens en matière de santé - plus de 450.000 tentes équipées pour l'hiver, deux millions de couvertures et de sacs de couchages, bâches des réchauds ».

« Il faut enfin de l'eau et des équipements d'assainissement et, bien sûr de la nourriture ».

« Il n'y a pas d'excuse » au retard des secours, a-t-il fait remarquer, appelant la communauté internationale à contribuer davantage lors de la conférence d'urgence des donateurs qui sera organisée par les Nations Unies lundi prochain à Genève.

« Il nous faut nous montrer à la hauteur du défi si nous voulons mériter notre place au sein de l'humanité », a-t-il conclu.

Interrogé sur la réaction lente des pays occidentaux, Kofi Annan a exprimé l'espoir que cela changerait à la réunion des donateurs, notamment pour voir les promesses transformées en dons.

La principale leçon à tirer de cette crise est la confirmation qu'il est indispensable d'avoir un Fonds central disposant d'un budget – entre 500 millions de dollars et 1 milliards de dollars - utilisable en urgence, a indiqué le Secrétaire général (sur la présentation du Fonds, voir notre dépêche du 16 septembre 2005).

« Si nous avions ces fonds, nous aurions pu agir très vite, puis recréditer le fonds grâce aux contributions de l'appel ». Dans la position où nous sommes, c'est comme si on disait aux pompiers de New York, « Nous savons que vous avez besoin de camions et de lances d'incendie, mais vous les aurez quand l'incendie éclatera », a-t-il ajouté.

Kofi Annan a par ailleurs rendu hommage à l'attitude du Pakistan et de l'Inde qui ont amélioré leurs relations et qui envisagent d'autoriser le libre passage à travers la ligne de contrôle au Cachemire, territoire disputé par les deux pays qui a déjà suscité deux guerres. Nous avions vu la même chose à Aceh, en Indonésie, a-t-il souligné.

 

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