Le Japon souhaite revoir à la baisse sa contribution au budget des Nations Unies

17 octobre 2005

Après le refus de la communauté internationale de lui donner un siège permanent au Conseil de sécurité, le Japon a souhaité aujourd'hui, lors d'une réunion de la Commission budgétaire de l'Assemblée générale, qu'une nouvelle méthode de calcul des contributions au budget des Nations Unies prenne en compte la responsabilité des États au sein de l'Organisation.

Au cours d'une séance de la Cinquième Commission - chargée des questions administratives et budgétaires - consacrée aux nouvelles méthodes de calcul des quotes-parts des Etats membres au budget des Nations Unies, le Représentant du Japon s'est interrogé aujourd'hui sur le fait de savoir « s'il était équitable qu'un pays ait à assumer à lui seul l'équivalent des contributions de quatre des cinq membres permanents du Conseil de sécurité, alors que le statut de membre permanent lui était refusé ».

Le Japon représente la deuxième plus importante contribution aux Nations Unies, avec près de 20% du budget ordinaire.

La Cinquième Commission, qui a la particularité de siéger toute l'année (voir notre dépêche du 4 octobre 2005 sur les travaux des Commissions) s'apprête, pour la première fois depuis six ans, à revoir la méthode de calcul des quotes-parts des Etats membres.

Le Comité des contributions pourrait en effet procéder, au cours de l'année 2006, au réexamen de la méthode de calcul du barème des quotes-parts pour la période 2007-2009. Ugo Sessi, président du Comité, a ainsi indiqué que son rapport annuel contenait des réflexions sur la mesure du revenu national et le taux de change.

Le Comité est chargé de poursuivre l'examen de la méthode applicable aux futurs barèmes des quotes-parts, en se fondant sur le principe selon lequel les dépenses de l'ONU doivent être réparties sur la base de la capacité de paiement.

La majorité des Etats membres réclament aujourd'hui l'élargissement du Conseil de sécurité, composé de cinq membres permanents et de 10 membres non permanents.

Présentant le programme de travail sur les réformes à entreprendre après le sommet mondial, Jan Eliasson, président de l'Assemblée générale avait indiqué, le 30 septembre dernier, qu'un débat sur la réforme du Conseil de sécurité se tiendrait à l'Assemblée le 10 novembre prochain (voir notre dépêche du 30 septembre 2005).

Contrairement aux espérances de certains, le document final du sommet mondial, adopté le 16 septembre dernier, ne faisait qu'évoquer la réforme du Conseil de sécurité (voir notre dépêche du 17 septembre 2005 sur les principaux points du document final).

Dans un discours prononcé à l'Assemblée générale, le 16 septembre dernier dans le cadre du sommet, le Premier ministre japonais avait réclamé un siège permanent au Conseil de sécurité (voir notre dépêche du 16 septembre 2005 sur le discours du Japon à l'Assemblée et celle du 15 septembre 2005 sur le discours de la France et la Grande-Bretagne qui soutiennent cette candidature).

Le G-4 – Japon, Allemagne, Brésil, Inde - avait présenté, le 11 juillet dernier à l'Assemblée générale, un projet de résolution qui proposait d'élargir le Conseil de sécurité à 25 membres – en ajoutant 6 sièges permanents et 4 non permanents.

En décidant de ne pas se rallier à cette proposition, les pays africains avaient porté un coup d'arrêt, le 4 août dernier, au projet - le G-4 ne pouvant plus obtenir les 128 voix nécessaires pour faire passer la résolution à l'Assemblée générale-, d'autant que les Etats-Unis et la Chine étaient opposés au projet.

Les Etats-Unis avaient cependant reconnu, à plusieurs reprises et notamment le 16 juin dernier, le droit du Japon à prétendre à un siège permanent au sein du Conseil de sécurité (voir notre dépêche du 16 juin 2005).

Dans son rapport « Dans une liberté plus grande » publié le 21 mars dernier, le Secrétaire général avait proposé d'élargir le Conseil de sécurité pour qu'il soit plus représentatif de la communauté internationale dans son ensemble et corresponde mieux aux réalités géopolitiques d'aujourd'hui.

Le président du Comité des contributions a par ailleurs accueilli aujourd'hui avec satisfaction la décision récente de l'Iraq et du Tchad de verser les montants nécessaires pour être rétablis dans leur droit de participer au vote de l'Assemblée générale.

Il a relevé qu'il n'y avait maintenant plus d'État membre tombant sous le coup des dispositions de l'Article 19 de la Charte selon lequel un État membre ne peut prendre part au vote de l'Assemblée générale si le montant de ses arriérés est égal ou supérieur à la contribution due par lui pour les deux années complètes écoulées.

Néanmoins, l'Assemblée peut autoriser un pays à participer au vote si elle estime que le manquement est dû à des circonstances indépendantes de sa volonté.

 

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