Erythrée : l'ONU évacue 18 postes de contrôle

17 octobre 2005

Suite à la décision de l'Erythrée d'interdire son espace aérien aux hélicoptères de la Mission des Nations Unies dans le pays, l'ONU a annoncé aujourd'hui qu'elle avait décidé d'évacuer 18 de ses 40 postes de contrôle dans la région ainsi qu'une base d'observateurs militaires.

« Les troupes de ces postes de contrôle seront redéployés dans la Zone temporaire de sécurité », a indiqué aujourd'hui le porte-parole du Secrétaire général, Stéphane Dujarric, lors de son point quotidien avec la presse, au siège de l'ONU à New York.

Le Secrétaire général a prévenu, lors d'une rencontre avec la presse aujourd'hui à New York, que « si les choses continuaient de la sorte, l'ONU serait dans l'obligation de prendre des décisions difficiles et cruciales, quant à l'utilité de rester dans la région, si elle ne peut plus opérer ».

« Evidemment, nous avons besoin de tous nos moyens – hélicoptères, camions, communication – pour être capable d'opérer », a-t-il précisé.

« Nous nous retrouvons dans une situation où le gouvernement ne coopère pas et limite les mouvements de nos troupes. Certaines étaient isolées. Nous avons alors décidé de les regrouper et de les positionner ensemble de manière à les protéger », a-t-il expliqué.

Il a par ailleurs indiqué que les Nations Unies n'avaient reçu aucune explication de la part du gouvernement de l'Erythrée concernant sa décision, prise le 5 octobre dernier, d'interdire son espace aérien aux hélicoptères de la Mission des Nations Unies en Éthiopie et en Érythrée (MINUEE).

« Nos relations avec le gouvernement de l'Erythrée n'ont pas été faciles », a-t-il insisté.

Vendredi dernier, le porte-parole du Secrétaire général avait indiqué à titre d'exemple qu'en raison de l'interdiction de survol, un trajet mené par le Commandant de la Force entre Senafe et Asmara, qui prenait normalement 90 minutes par hélicoptère, avait pris 9 heures par la route.

Le 6 octobre dernier, le Représentant spécial du Secrétaire général pour l'Ethiopie et l'Erythrée, Joseph Legwaila, avait souligné la nécessité pour l'Erythrée de revenir, de toute urgence, sur sa décision.

Le même jour, le Commandant des forces de la MINUEE, le major-général Rajender Singh, avait affirmé que la décision avait gravement entravé la capacité des casques bleus à mener leurs activités de surveillance (voir notre dépêche du 6 octobre 2005).

Le Secrétaire général et le Conseil de sécurité avaient appelé, les 4 et 5 octobre, le gouvernement érythréen à revenir immédiatement sur sa décision (voir notre première et notre seconde dépêche du 5 octobre 2005).

 

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