La violence se poursuivra en Iraq si la constitution n'est pas approuvée – Kofi Annan

La violence se poursuivra en Iraq si la constitution n'est pas approuvée – Kofi Annan

Le Secrétaire général a exprimé aujourd'hui l'espoir que le référendum constitutionnel iraquien soit un succès afin que les prochaines élections de décembre conduisent à l'élection d'un parlement et que la violence cesse. A défaut, il faudra organiser de nouveau des élections pour mettre en place une nouvelle Assemblée constituante qui rédigera un nouveau projet de constitution.

« Nous avions espéré que le processus de rédaction de la constitution soit aussi large et inclusif que possible et qu'il puisse rassembler les Iraquiens afin que chacun puisse contempler son avenir dans un Iraq uni et démocratique », a déclaré aujourd'hui le Secrétaire général lors d'une conférence de presse qui s'est tenue aujourd'hui au siège de l'ONU à Genève et où il a notamment été interrogé sur le risque de guerre civile dans le pays.

« Nous n'en sommes pas encore à cette étape », a-t-il regretté.

Kofi Annan a rappelé qu'il y a une semaine à peine, les conseillers constitutionnels de l'ONU avaient dû intervenir pour convaincre le parlement iraquien de revenir sur une modification des règles électorales dans le cadre du vote sur la constitution, modification qui rendait les règles incompatibles avec les normes internationales (voir notre dépêche du 4 octobre 2005).

« Le projet de constitution donne une forte autorité aux régions et l'autorité centrale n'est pas aussi forte qu'elle pourrait l'être », a-t-il indiqué, rappelant que « des tentatives étaient actuellement faites pour essayer d'améliorer le document afin de remédier aux préoccupations des Sunnites ».

Mais « si l'on ne parvient pas à une approbation universelle de la constitution, il est probable que la violence se poursuivra », a estimé le Secrétaire général.

« Pour l'avenir », a-t-il rappelé, « la nature des élections qui doivent se tenir en décembre dépendra du résultat du référendum ».

« Si ce dernier est un succès, les élections de décembre auront pour objet d'élire un parlement élu démocratiquement » qui pourrait siéger dès janvier prochain. « Si c'est un échec, elles auront pour objet d'établir une nouvelle Assemblée constituante, qui devra recommencer le processus constitutionnel », a précisé le Secrétaire général.

Vendredi dernier, lors d'un entretien accordé à la presse à Berne, le Secrétaire général avait souligné que « compte tenu de la situation sécuritaire sur le terrain, l'ONU ne pouvait pas faire grand-chose de plus » au-delà de l'assistance qu'elle apporte déjà, notamment en matière électorale.

« Nous avons la capacité et l'expertise de faire plus, dans les domaines humanitaire, du développement, du renforcement des institutions, des droits de l'hommes, mais l'environnement ne nous permet pas d'y participer parce qu'on ne peut pas se déplacer facilement », avait-t-il affirmé.

« On ne peut pas placer des gens dans la zone verte [la zone sécurisée] de Bagdad, s'ils ne peuvent pas se déplacer pour faire leur travail – cela n'aurait aucun sens », a précisé Kofi Annan qui a affirmé que lorsque la situation s'améliorera, l'ONU et ses agences seront prêts à jouer leur rôle pour aider le peuple iraquien.