On ne peut pas arrêter les migrations, on ne peut que les gérer – Kofi Annan

7 octobre 2005

« La question des migrations et des demandeurs d'asile est devenue une question brûlante et politiquement chargée », a déclaré aujourd'hui le Secrétaire général en réponse à une question sur les événements de Ceuta et Mellila, rappelant qu'un certain nombre de pays, notamment européens, allaient avoir besoin des migrants pour survivre.

Je pense qu'il est important de réaliser que les mouvements de population - de l'ordre de 200 millions de personnes en 2005 - sont en croissance, même si en termes de population mondiale ce n'est pas un grand chiffre, a déclaré aujourd'hui le Secrétaire général lors d'une conférence de presse donnée à Berne, capitale de la Suisse.

« La plupart des sociétés, notamment certaines sociétés d'Europe, vont avoir besoin d'immigrants pour survivre, pour maintenir le niveau de développement et de sécurité actuel, compte tenu surtout de ce que leur taux de naissance ne permet même pas à la population de se renouveler », a-t-il ajouté.

« Nous ne pouvons pas arrêter les mouvements de population, seulement les gérer », a-t-il affirmé, citant les propositions formulées dans le dernier rapport sur les migrations de la Commission mondiale sur les migrations internationales (GCIM selon son acronyme anglais), intitulé « Les migrations dans un monde interconnecté : une nouvelle voie », qui lui a été remis mercredi dernier (voir notre dépêche du 5 octobre 2005).

Kofi Annan était interrogé sur les événements de Ceuta et Melilla, enclaves espagnoles du Maroc où au cours des deux dernières semaines, près de 2.000 migrants africains ont pris d'assaut les poste frontières.

Jeudi dernier, 6 personnes sont mortes dont certaines apparemment abattues en tentant de passer la frontière de Mellila. Une semaine plus tôt, 5 personnes avaient trouvé la mort, écrasées dans les mouvements de foule lors d'un incident similaire à Ceuta.

Selon les informations parues aujourd'hui dans la presse, l'ONG Médecins sans frontières affirme avoir trouvé quelque 500 migrants, y compris des femmes enceintes et des enfants, dans le désert marocain, où ils auraient été conduits après avoir expulsés par l'Espagne de ses enclaves de Ceuta et Melilla.

 

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