R. D. du Congo : le Conseil de sécurité appelle au départ des groupes armés étrangers dans l'est du pays

4 octobre 2005

Le Conseil de sécurité a exprimé aujourd'hui « sa préoccupation » devant la présence de groupes armés étrangers qui continuent à menacer la stabilité de l'est de la République démocratique du Congo, et appelé au départ des FDLR, milices rwandaises impliquées dans le génocide de 1994, et de l'Armée de la résistance du Seigneur, milice ougandaise connue pour ses pratiques sanguinaires.

« Les forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) ne se sont toujours pas engagées dans le désarmement et le rapatriement de leurs combattants », a déploré aujourd'hui le Conseil de sécurité dans une déclaration prononcée par le président du Conseil de sécurité pour le mois d'octobre, Mihnea Ioan Motoc, représentant de la Roumanie.

image• Retransmission de la séance du Conseil de sécurité[16 mins]

Dans sa déclaration présidentielle, le Conseil a exhorté les FDLR à désarmer sans plus tarder conformément à la déclaration qu'elles ont signée à Rome le 31 mars dernier (voir, sur l'appel au désarmement lancé par le Conseil, notre dépêche du 12 avril 2005).

Les FDLR (aussi appelées ex-FAR/Interahamwe), mouvement qui rassemblait en République démocratique du Congo (RDC) la majeure partie de la rébellion hutu rwandaise, est composée des éléments extrémistes Hutu ayant fui le Rwanda vers l'Est de la RDC après leur implication dans le génocide rwandais de 1994, ainsi que de membres Hutu de l'ancienne armée rwandaise et de déplacés hutus rwandais.

« Les FDLR ne peuvent plus demeurer en tant que groupe armé en République démocratique du Congo », indique le Conseil, qui salue un accord du 16 septembre intervenu à New York entre la RDC, l'Ouganda, le Rwanda et la Burundi, qui a fixé au 30 septembre 2005 une nouvelle échéance pour le désarmement de ces milices.

A cet égard, le Conseil de sécurité salue les « pressions politiques et militaires qu'exercent sur les FDLR le gouvernement congolais et la Mission de l'Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC) » et les mesures prises par le gouvernement rwandais pour encourager le rapatriement, « conformément aux normes applicables du droit international et dans le respect des droits et libertés de la personne humaine ».

Les responsables du génocide rwandais encore en liberté, souligne néanmoins le Conseil, doivent être transférés au Tribunal pénal international pour le Rwanda, à Arusha.

Par ailleurs, le Conseil de sécurité s'est déclaré aujourd'hui préoccupé de « l'incursion de membres de l'Armée de résistance du Seigneur (Lord's Resistance Army, LRA selon son acronyme anglais) en République démocratique du Congo » et a appuyé « l'intention des Forces armées congolaises de désarmer ce groupe avec la coopération de la MONUC conformément à son mandat ».

Selon les informations parues dans la presse, les forces armées congolaises ont été aéroportées par la MONUC à la frontière ougandaise pour faire face à la LRA.

Les agissements de la LRA, dirigée par son chef mystique Joseph Kony, qui prétend instaurer une théocratie en Ouganda sur la base des dix commandements, a fait depuis 1987 près de 100.000 morts, causé le déplacement de près de 2 millions de personnes qui vivent dans des camps aux conditions sanitaires déplorables et enlevé près de 25 000 enfants, transformés en machines à tuer et en esclaves sexuels. La LRA est tristement célèbre pour ses campagnes de pillage, de massacres, de mutilations et d'enlèvement d'enfants.

Le Conseil de sécurité a demandé en outre aujourd'hui « à tous les groupes armés dans l'Afrique des Grands Lacs d'agir sans tarder pour déposer les armes et se joindre aux processus de transition en cours dans la région ».

Il a rappelé enfin son « attachement au respect de la souveraineté de tous les États, et souligné que tout recours à la menace ou à l'emploi de la force contre l'intégrité territoriale d'un État est contraire aux buts et principes énoncés par la Charte des Nations Unies ».

Le Conseil était saisi du dernier rapport spécial du Secrétaire général daté du 26 septembre 2005 (S/2005/603), sur la Mission de l'Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC) (voir notre dépêche du 28 septembre 2005).

 

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