TICE : Kofi Annan exhorte les Etats membres à réaffirmer leur attachement au traité d'interdiction des essais nucléaires

22 septembre 2005

Dans un discours prononcé à l'ouverture la Conférence en vue de faciliter l'entrée en vigueur du Traité d'interdiction complète des essais nucléaires (TICE), le Secrétaire général a invité hier les Etats membres à réaffirmer leur attachement au Traité, ouvert à la signature il y a 9 ans et instrument incontournable de la lutte contre la prolifération des armes nucléaires.

« Nous nous réunissons dans un climat d'inquiétude accrue au niveau mondial au sujet des armes de destruction massive – et en particulier les armes nucléaires. Il est de notre devoir à tous de promouvoir et de renforcer les différents instruments multilatéraux qui réduisent la menace que ces armes font peser sur nous tous », a déclaré le Secrétaire général dans un discours prononcé hier à l'ouverture de la quatrième Conférence en vue de faciliter l'entrée en vigueur du Traité d'interdiction complète des essais nucléaires (TICEN) qui se tient au siège de l'ONU à New York du 21 au 23 septembre.

« Pourtant, nous ne sommes pas encore à la hauteur de cette ambition, comme nous avons pu le constater la semaine dernière lors du sommet mondial. Pour la deuxième fois en quatre mois, les États n'ont pu s'accorder sur la manière de faire progresser le désarmement, la non-prolifération et les utilisations pacifiques de l'énergie nucléaire », a-t-il poursuivi.

La Conférence s'ouvre en effet quatre mois après la tenue de la Conférence d'examen du Traité sur la non-prolifération (TNP), qualifiée d'échec, et au lendemain du sommet mondial, dont les participants n'ont pu parvenir à s'accorder sur une action en matière de désarmement et de non-prolifération.

« Nous devons également progresser dans nos efforts visant à faire entrer en vigueur le plus tôt possible le Traité d'interdiction complète des essais nucléaires», a souhaité Kofi Annan, soulignant qu'il constitue « une mesure efficace de désarmement et de non-prolifération nucléaires ».

Le Traité a été ouvert à la signature il y a neuf ans. 176 États l'ont signé. 125 États l'ont ratifié, parmi lesquels 33 des 44 États dont la ratification est indispensable à son entrée en vigueur.

« Pourtant, au bout de neuf ans, le Traité n'est toujours pas entré en vigueur. Nous devrions tous en être gravement préoccupés. Plus l'entrée en vigueur du Traité est retardée, plus le risque que quelqu'un, quelque part, teste des armes nucléaires est grand. Cela porterait un coup sévère à la cause de la non-prolifération et du désarmement », a prévenu le Secrétaire général.

« Si de nombreuses et importantes questions techniques doivent naturellement être examinées au cours de cette conférence, votre tâche la plus urgente est de réaffirmer votre attachement indéfectible au Traité et votre détermination à œuvrer pour son entrée en vigueur rapide », a-t-il ajouté.

Le Secrétaire général a en outre appelé tous les États qui n'ont pas encore signé ou ratifié le TICEN à le faire sans attendre, en particulier ceux dont la ratification est nécessaire à l'entrée en vigueur du Traité. Il a également prié tous les États de maintenir un moratoire sur les essais nucléaires avant l'entrée en vigueur du Traité.

Au premier jour de la Conférence, certains États comme la Norvège ont dit craindre de voir s'éloigner le jour où le TICEN entrera en vigueur.

Dans une tribune publiée hier dans le quotidien français le Figaro, le Secrétaire général exhortait « tous les dirigeants, quel que soit le camp auquel ils appartiennent, à faire preuve de plus de sagesse politique et à s'efforcer de toute urgence de trouver un terrain d'entente » sur la prolifération des armes nucléaires (voir notre dépêche du 21 septembre 2005).

A défaut, déclarait-il, le sommet risque « de ne rester dans les annales de l'histoire que pour ce qu'il n'aura pas permis de faire : arrêter la désintégration du régime de non-prolifération ».

Voir l'ensemble des déclarations prononcées hier à la Conférence dans le communiqué de presse de l'ONU.

Voir la page consacrée au TICEN sur le site de l'ONU.

 

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