Les violences contre les femmes et l'impunité des hommes persistent au Darfour, affirme une experte de l'ONU

21 septembre 2005

Les violences sexuelles contre les femmes sévissent toujours et l'impunité continue de régner au Soudan et, plus particulièrement au Darfour, selon Rachel Mayanta, Conseillère spéciale du Secrétaire général sur les questions de l'égalité entre les hommes et les femmes, qui vient d'effectuer une visite sur le terrain.

« Il faut mettre fin à la violence et à l'impunité car ils se poursuivent » au Soudan et dans la région du Darfour, a déclaré aujourd'hui Rachel Mayanta, Conseillère spéciale du Secrétaire général sur la question de l'égalité entre les hommes et les femmes, dans une conférence de presse donnée aujourd'hui au siège de l'ONU, après avoir effectué une visite sur le terrain - du 4 au 11 septembre dernier.

image• Retransmission de la conférence de presse [47mins]

« Le gouvernement a fait quelques progrès pour s'attaquer aux problèmes de la violence contre les femmes, en adoptant un plan d'action, mais il reste encore beaucoup à faire », a précisé Rachel Mayanta.

Lorsque les femmes sont accompagnées par les troupes de l'Union africaine – déployées sur le terrain pour veiller à la sécurité des populations - pour sortir des camps dans lesquels elles ont trouvé refuge et pour aller chercher du bois, elles ne sont plus attaquées, mais lorsqu'elles sortent seules, elles restent vulnérables aux attaques, a-t-elle expliqué.

D'une manière plus générale, dans le sud du pays, « la situation des femmes et des filles est très difficile » et « les installations sanitaires et médicales sont inadaptées, l'accès à l'eau et à l'éducation étant aussi limités », a-t-elle constaté.

Il n'y a pas non plus de soutien pour surmonter le traumatisme subi par les populations au cours du conflit qui a déchiré le Nord et le Sud du pays pendant plus de 20 ans et qui a pris fin le 9 juin dernier avec la signature d'un accord de paix, a-t-elle déploré.

Au cours de sa visite, Rachel Mayanta a rencontré des représentants des autorités du Soudan, des membres de la Mission des Nations Unies au Soudan (UNMIS selon son acronyme anglais), des organisations non gouvernementales internationales et nationales, des contingents de l'Union africaine et des femmes soudanaises.

« Après mes discussions avec les autorités soudanaises, je me suis rendue compte que le gouvernement était ouvert à la question de l'égalité entre les hommes et les femmes. Cette volonté est reflétée dans la Constitution intérimaire », a observé l'experte de l'ONU.

« L'accord de paix a suscité un espoir parmi les femmes qui souhaitent participer de manière active au processus politique en cours. Mais, a-t-elle regretté, comme dans beaucoup d'autres pays, il y a un grand fossé entre les engagements pris et les actions menées ».

Rachel Mayanta a par exemple souligné que le gouvernement du Soudan n'avait toujours pas ratifié la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW).

Dans un rapport intitulé « L'accès à la justice pour les victimes de violence sexuelle » et publié le 29 juillet dernier, la Haut Commissaire aux droits de l'homme, avait indiqué qu'un an après avoir fait la promesse à l'ONU d'améliorer la situation des femmes au Soudan, et notamment la situation des femmes exposées aux violences sexuelles dans la région du Darfour, le gouvernement avait montré des carences très graves soit dans sa capacité à agir, soit dans l'intention d'envisager sérieusement la question (voir notre dépêche du 29 juillet 2005).

Le conflit du Darfour, au cours duquel les milices Janjaouites ont forcé des communautés entières à fuir leurs villages pour se réfugier dans des camps installés au Soudan ou au Tchad, a affecté plus de 2,5 millions de personnes au cours des trois dernières années.

Depuis, l'insécurité demeure, notamment pour les femmes qui sont obligées de sortir des camps et d'aller chercher du bois de chauffe pour nourrir les familles.

Voir, pour un bilan de l'évolution politique au Soudan, la conférence de Jan Pronk qui s'est tenue aujourd'hui au siège de l'ONU (voir notre dépêche d'aujourd'hui).

 

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