La saisine du Conseil de sécurité sur l'Iran toujours à l'ordre du jour, affirme la France à l'Assemblée générale

18 septembre 2005
Kofi Annan (d) et Philippe Douste-Blazy (g), ministre des affaires étrangères de la France

Le ministre des Affaires étrangères de la France a aujourd'hui laissé ouverte la possibilité d'une saisine du Conseil de sécurité sur le dossier nucléaire iranien, rappelant que l'intégrité du régime de non-prolifération était en cause, après que l'Iran a fait savoir qu'elle entendait garder la maîtrise de la production de combustible nucléaire.

Soulignant que la prolifération des armes de destruction massive constitue une « menace majeure pour la planète », le ministre des Affaires étrangères de la France, Philippe Douste-Blazy, a rappelé aujourd'hui devant l'Assemblée générale que « la France, avec ses partenaires allemand et britannique, avait proposé à l'Iran une démarche constructive pour ouvrir la voie à une nouvelle relation entre ce grand pays et la communauté internationale ».

« Cette relation est actuellement compromise par les préoccupations que soulève son programme nucléaire. Nous demandons à l'Iran d'établir la confiance en offrant des garanties objectives sur la nature exclusivement pacifique de son programme », a-t-il affirmé.

« Les déclarations iraniennes faites à cette tribune mettent la communauté internationale devant ses responsabilités, la saisine du Conseil de sécurité étant à l'ordre du jour pour renforcer l'autorité de l'AIEA. C'est l'intégrité du régime de non-prolifération qui est en cause », a déclaré le ministre des Affaires étrangères de la France.

Hier, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad avait affirmé à l'Assemblée générale que l'Iran ne pourrait se passer d'un programme énergétique nucléaire civil, ajoutant qu'afin de garder son indépendance, il ne pourrait renoncer à la production de combustible pour l'alimenter (voir notre depêche du 17 septembre 2005).

Les trois pays européens offraient pourtant une assistance économique à l'Iran ainsi qu'une coopération pour le développement d'un programme énergétique civil, en échange de l'engagement de ne pas produire en Iran de combustible susceptible d'être utilisé à des fins militaires. Les EU-3 offraient également de fournir à l'Iran le combustible nécessaire à l'alimentation de ses centrales nucléaires civiles.

Le Premier ministre de la France avait averti mercredi de la possibilité de saisir le Conseil de sécurité de la question nucléaire iranienne, rappelant que si l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), protégeait le droit à l'usage pacifique de l'énergie nucléaire, il y avait aussi « des devoirs à faire respecter, pour la sécurité de tous ».

« Si un Etat manque a ses obligations au titre du Traite de non-prolifération, il est légitime, une fois épuisée la voie du dialogue, que le Conseil de sécurité soit saisi », avait déclaré Dominique de Villepin.

« C'est dans cet esprit que la France appelle fermement l'Iran à se conformer aux résolutions de l'AIEA et au respect de ses engagements internationaux, l'accord de Paris en premier lieu », avait-il ajouté (voir notre dépêche du 14 septembre 2005).

Toujours dans le domaine de la sécurité collective, Philippe Douste-Blazy, a par ailleurs rappelé aujourd'hui à l'Assemblée générale que la communauté internationale disposait désormais de « la légitimité nécessaire pour exercer effectivement sa 'responsabilité de protéger' les populations menacées de nettoyage ethnique, de crimes contre l'humanité, de génocide », depuis l'adoption vendredi de la Déclaration finale du sommet mondial (voir notre dépêche du 17 septembre 2005).

« Que ceux qui croient pouvoir compter sur l'inaction de la communauté internationale pour commettre leurs crimes ne s'y trompent pas : ils devront rendre des comptes », a-t-il affirmé.

« Soixante ans après la création des Nations Unies, le terrorisme figure aujourd'hui au premier rang des atteintes aux droits de l'Homme. Rien, aucune cause, aucune religion, aucun ordre moral ne justifient que l'on attente à la vie d'innocents populations civiles. Il nous faut définir une fois pour toute les actes de terrorisme, afin de mieux combattre cette barbarie qui fait reculer l'humanité », a par ailleurs souligné le ministre des Affaires étrangères de la France.

 

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