La question du nucléaire iranien au centre de l'intervention de Condoleezza Rice à l'Assemblée générale

17 septembre 2005
L'Assemblée générale

Dans un discours à l'Assemblée générale, la Secrétaire d'Etat américaine a appelé aujourd'hui l'Iran à revenir à la table des négociations, à renoncer « pour toujours » à son projet de développer des armes nucléaires et souhaité que le Conseil de sécurité soit capable de gérer les grands défis actuels telle que la question du nucléaire iranien.

« Le Conseil de sécurité doit être capable de gérer les grands défis actuels tels que le terrorisme et la non-prolifération nucléaire, et plus encore, lorsque des pays comme l'Iran menacent l'efficacité du régime de non-prolifération », a déclaré aujourd'hui Condoleezza Rice, Secrétaire d'Etat américaine, dans un discours prononcé à l'ouverture du débat général de la 60e session de l'Assemblée générale.

« Les questions posées sur les activités nucléaires iraniennes restent sans réponse malgré les efforts répétés de l'AIEA - l'Agence internationale de l'énergie atomique. Après avoir été d'accord pour négocier avec l'Europe, l'Iran a décidé de sortir des négociations, de manière unilatérale, et a relancé ses programmes nucléaires », a rappelé la Secrétaire d'Etat.

« Tout ça de la part de l'un des principaux Etats qui fournit un appui du terrorisme et qui menace de détruire l'opportunité fragile de la paix qui existe maintenant au Moyen-Orient », a-t-elle déploré.

« L'Iran devrait retourner à la table des négociations avec la 'troïka' européenne et renoncer pour toujours à son projet de développer des armes nucléaires », a lancé la Secrétaire d'Etat.

« Des défis comme celui de l'Iran sont des tests essentiels pour les Nations Unies », a-t-elle conclu sur le dossier iranien.

La Secrétaire d'Etat a également repris les grandes lignes du discours du président George W. Bush, prononcé mercredi dernier à l'ouverture du sommet mondial, et tourné vers la lutte contre le terrorisme, l'aide au développement et la réforme des institutions des Nations Unies (voir notre dépêche du 14 septembre 2005 sur le discours du président Bush).

Sur le terrorisme, Condoleezza Rice a appelé les Etats membres à ratifier une Convention d'ensemble sur la question. « Aucune cause, aucun mouvement, aucune revendication en peut justifier l'intention de tuer des civils innocents », a-t-elle affirmé.

Comme l'avait fait le président Bush mercredi, la Secrétaire d'Etat a réaffirmé l'engagement des Etats-Unis envers les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), définis après le sommet du Millénaire en 2000, qui visent notamment à réduire de moitié la faim et la pauvreté dans le monde d'ici à 2015.

Elle aussi réaffirmé l'attachement de son gouvernement au Consensus de Monterrey, adopté en 2002 lors de la Conférence sur le financement du développement pour mettre en œuvre les OMD, qui engage tous les pays qui ne l'ont pas encore faits à consacrer 0,7% de leur PNB à l'aide publique au développement. « Tous les pays développés doivent augmenter leur assistance aux pays en voie de développement », a-t-elle redit.

La Secrétaire d'Etat a aussi confirmé la volonté des Etats-Unis d'engager de nouvelles actions pour mettre en œuvre les OMD comme la suppression des barrières douanières et des subventions agricoles qui faussent le commerce et empêchent le développement. « Nous élimerons tous les tarifs et barrières douaniers qui entravent le libre-échange – si d'autres nations le font aussi », a-t-elle promis.

Saluant par ailleurs la création d'un Fonds pour la démocratie, elle a souligné que les « Etats-Unis avaient toutes les raisons de faire preuve d'humilité » car ce n'est qu'au cours de sa propre vie que son pays a accordé le droit de vote à tous ses citoyens.

Enfin, la Secrétaire d'Etat a appelé à lancer des réformes révolutionnaires durables. « Le Document du sommet, que tous les chefs d'Etats ont endossé cette semaine, montre qu'il y a un consensus mondial sur le fait que la réforme doit être impérative », a-t-elle fait remarquer.

Condoleezza Rice s'est félicité de la création d'une Commission de consolidation de la paix et de la volonté manifestée de créer un Conseil des droits de l'homme qui remplacera la Commission jugée discréditée.

« Le Conseil des droits de l'homme devra avoir moins de membres, faire moins de politique et avoir plus de crédibilité. Et il ne devra jamais – jamais – donner à des dictatures sanglantes le pouvoir de juger des démocraties responsables », a-t-elle déclaré.

Comme le président Bush, la Secrétaire d'Etat à appeler les Etats membres à entreprendre une réforme de la gestion de l'ONU pour que l'Organisation soit plus efficace et plus intègre.

Toujours sur la réforme des institutions, elle a appelé à une réforme du Conseil de sécurité « qui refléterait mieux le monde tel qu'il est en 2005 et non comme il était en 1945 » et soutenu la candidature du Japon à un siège permanent. « Nous pensons que les pays en développement méritent une meilleure représentation dans cet organe », a-t-elle ajouté.

Voir notre dépêche du 16 septembre 2005 et celle du 14 septembre 2005 sur les principaux points du Document final.

 

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