Sommet mondial : les dirigeants font le point sur le financement du développement

15 septembre 2005

Trois ans après la Conférence de Monterrey, les chefs d'Etat et de gouvernement ont tenu hier une réunion spéciale, dans le cadre du sommet mondial, pour faire le point sur le financement du développement et étudier la mise en place de nouveaux mécanismes.

« Ce dernier quart de siècle a été marqué par le recul le plus spectaculaire de l'extrême pauvreté », a déclaré hier le Secrétaire général, au cours de la réunion spéciale sur le financement du développement, organisée dans le cadre de la réunion plénière de haut niveau marquant le 60e anniversaire de l'ONU.

Kofi Annan a estimé qu'en dépit de certains efforts, la solidarité internationale était encore loin de répondre aux besoins et a, en conséquence, lancé un appel en faveur d'un pacte pour la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement (ODM), dans l'esprit du Consensus de Monterrey.

Intervenant au nom de l'Union européenne, Hilary Benn, Secrétaire d'État au développement international du Royaume-Uni, a rappelé que les pays de l'Union européenne avaient décidé d'ici 2015 de doubler leur assistance aux pays en développement. Il a également rappelé que le G-8 et l'Union européenne étaient déterminés à annuler la dette des pays les plus pauvres.

Néanmoins, a-t-il souligné, de nouvelles sources d'aide au développement sont nécessaires, tels que l'idée britannique de la Facilité de financement internationale (IFF) dont un projet pilote a été mis en place, la semaine dernière, qui permettra de dégager 4 milliards de dollars pour une campagne de vaccination ayant pour objectif de sauver 5 millions d'enfants.

Considérant que les esprits étaient aujourd'hui mûrs pour mettre en place de nouveaux mécanismes de financement du développement et de lutte contre l'extrême pauvreté, le Premier ministre de la France, Dominique de Villepin, a de son côté appelé la communauté internationale à aller de l'avant en établissant un premier prélèvement international de solidarité sur les billets d'avion, que son pays propose d'affecter en priorité à la lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme.

Les présidents du Chili, Ricardo Lagos Escobar, et du Brésil, Luiz Inacio Lula da Silva, se sont engagés à appliquer cette mesure visant à imposer une surtaxe sur les billets d'avion (voir également notre dépêche du 14 septembre 2005 sur la conférence de presse donnée par six pays dont le Brésil et la France pour présenter la Déclaration sur les sources innovantes de financement).

Soucieux de trouver de nouvelles sources de financement en faveur du développement, le président brésilien a indiqué ensuite qu'il proposerait à l'Assemblée générale une mesure visant à alléger les frais d'envois sur les transferts de fonds privés vers les pays en développement.

En 2004, ces envois de fonds de travailleurs expatriés originaires de pays en développement se sont élevés à plus de 100 milliards de dollars, soit un peu plus du double de l'aide publique au développement, a précisé le président du gouvernement espagnol,José Luis Rodriguez Zapatero, partageant ainsi la position exprimée par le président de l'Ouganda, Yoweri Kaguta Museveni, qui suggérait que cette source importante de fonds pouvant être mise au service du financement du développement soit mieux structurée.

Au-delà de ces mesures novatrices de mobilisation de ressources pour le financement du développement et la réalisation des OMD, plusieurs intervenants ont plaidé, à l'instar du président nigérian Olusegun Obasanjo, qui intervenait au nom de l'Union africaine, ou du président mexicain Vicente Fox, en faveur de la suppression des subventions agricoles par les pays développés et d'une plus grande ouverture des marchés des pays développés, ces éléments devant faire l'objet de décisions lors de la 6e Réunion ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) en décembre prochain à Hong Kong.

Le président de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz, a également demandé aux pays riches d'accélérer l'élimination de leurs barrières tarifaires et de mettre fin aux subventions agricoles qui faussent le fonctionnement des marchés et portent atteinte au commerce des pays en développement.

« Une augmentation de la participation des pays en développement de l'ordre de 1% au commerce mondial représenterait des flux financiers bien supérieurs aux 50 milliards de dollars d'aide publique au développement », a relevé le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.

Le président de la Chine, Hu Jintao, a indiqué que son pays avait décidé d'accorder un traitement tarifaire spécial aux 39 pays les plus démunis ayant des relations diplomatiques avec elle. Cette mesure couvre la plupart des exportations de ces pays vers la Chine. Il a également indiqué que son pays avait décidé de supprimer dans les deux années à venir toutes les dettes dues à la fin 2004 par les pays les plus endettés ayant des relations diplomatiques avec la Chine. Dans les trois années à venir, a-t-il ajouté, la Chine offrira des prêts à des conditions favorables pour améliorer les infrastructures des pays en développement.

Le président chinois a aussi mentionné des efforts qui se porteront vers l'assistance au développement des pays africains en leur fournissant des médicaments antipaludéens et autres produits pharmaceutiques. Il a précisé que son pays aidera notamment les pays d'Afrique à développer leurs infrastructures de santé et à former du personnel médical. Il a ajouté que la Chine s'était fixée comme objectif de former 30 000 personnes des pays en développement.

Voir le résumé des déclarations dans le communiqué de presse de l'ONU.

Voir les déclarations des intervenants au Sommet.

Document final du sommet

 

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