FAO : 11 pays africains d'accord pour renforcer l'éducation dans les zones rurales

9 septembre 2005

Au terme d'une conférence sur l'éducation des populations rurales, organisée par l'agence des Nations Unies pour l'agriculture à Addis-Abeba, les ministres de 11 pays africains sont tombés d'accord pour renforcer, d'un commun effort, l'éducation dans les zones rurales, clé pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement.

« En renforçant, dans le cadre d'un effort commun, l'éducation pour les populations rurales, les leaders africains seront, en fait, en train de combattre, dans le même temps, l'insécurité alimentaire et la pauvreté dans les zones rurales », a déclaré Marcela Villarreal qui dirige la division de la parité homme-femme et de la population, dans un communiqué, publié aujourd'hui à Addis-Abeba par l'Organisation des Nations Unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO).

Plus de 70 % de la population totale de l'Afrique subsaharienne vit en zones rurales et, selon les projections, ce pourcentage devrait rester élevé au cours des prochaines années (58 % en 2030).

« L'éducation pour les populations rurales est une priorité stratégique pour la lutte de l'Afrique subsaharienne contre la pauvreté extrême, la faim, la malnutrition et l'analphabétisme », souligne le communiqué final adopté par les ministres africains.

Les ministres de l'éducation, de l'agriculture, de la pêche et du développement rural de 11 pays - Afrique du Sud, Burkina Faso, Ethiopie, Guinée, Kenya, Madagascar, Mozambique, Niger, Ouganda, Sénégal, Tanzanie – ont participé à cette conférence de trois jours dans la capitale éthiopienne.

Pour 100 enfants urbains qui ont accès à l'éducation primaire, seulement 68 ont le même accès en zone rurale et pour 100 enfants en zone urbaine ayant achevé le cycle de l'école primaire, seulement 46 ont fait de même en zone rurale.

« Ces inégalités dans le domaine de l'éducation menacent directement le développement durable en région subsaharienne. Les stratégies de sécurité alimentaire et de réduction de la pauvreté dépendent directement de notre capacité à faciliter l'accès des enfants ruraux à une éducation primaire de qualité », affirme le communiqué final.

Pour atteindre les objectifs de l'éducation pour tous (convenus à Dakar en 2000) et ceux des deux sommets mondiaux de l'alimentation (Rome, 1996 et 2002), les ministres ont lancé un appel pour « des partenariats effectifs entre tous les décideurs politiques en matière d'éducation, d'agriculture, de pêche et de développement rural ».

« Une collaboration étroite est requise entre les ministères de l'éducation et de l'agriculture, la société civile et les médias ainsi que le secteur privé », affirment les ministres africains ajoutant « qu'il reste encore beaucoup à faire » dans les zones rurales, notamment quant à l'accès des jeunes filles et des femmes à l'éducation.

Les facteurs de cette discrimination à l'égard des jeunes filles et des femmes incluent notamment les valeurs culturelles négatives, le mariage précoce, le harcèlement sexuel, les lourdes tâches domestiques et le peu d'importance accordée à l'éducation des jeunes filles.

« Du fait de son impact direct sur tous les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), l'éducation pour les populations rurales sera l'un des principaux défis des prochaines décennies », a déclaré Lavinia Gasperini, expert à la FAO.

 

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