L'UNHCR met en garde les réfugiés congolais contre les rumeurs incitant au retour prématuré

18 août 2005

L'agence des Nations Unies pour les réfugiés met en garde les réfugiés congolais présents dans les pays voisins contre les rumeurs prétendant qu'ils vont être reconduits prématurément dans une région de leur pays qui, en réalité, ne peut pas encore absorber des retours en masse.

Ces derniers mois, le Haut commissariat des Nations Unies aux réfugiés (HCR) a noté une augmentation constante de réfugiés congolais rentrant par leurs propres moyens dans des zones ravagées par la guerre à l'est de la République démocratique du Congo (RDC), indique un communiqué publié aujourd'hui à Kinshasa.

Le nombre de rapatriés a atteint un niveau record dans les premières semaines du mois d'août, avec plus de 1000 réfugiés rentrés dans la province du Sud-Kivu. En tout, plus de 11 500 personnes sont rentrées « spontanément », c'est-à-dire par leurs propres moyens, au Sud-Kivu depuis octobre dernier, principalement de Tanzanie et du Burundi.

« Selon l'information diffusée dans les camps, les réfugiés perdraient leur nationalité congolaise s'ils ne s'inscrivent pas sur les listes électorales », indique Augustin, réfugié congolais du camp de Nyarugusu en Tanzanie, qui a fui le Sud-Kivu en 1996. « Heureusement, nous écoutons Radio Okapi (radio nationale fondée par l'ONU et une ONG suisse) régulièrement. Au cours de l'émission d'hier soir sur les élections, nous avons compris que l'information est erronée. »

Les élections générales en RDC sont prévues pour 2006 et les inscriptions sur les listes électorales devraient être closes en septembre dans les régions où les réfugiés rentrent spontanément, notamment le Sud-Kivu.

Lors d'une interview récente accordée à Radio Okapi, Franck Kamunga, conseiller juridique au sein de la Commission électorale indépendante (CEI) de RDC, a rassuré les réfugiés : « Le fait que vous ne rentriez pas vous inscrire sur les listes électorales ne vous prive pas de la nationalité congolaise. »

La CEI a confirmé que les cartes électorales font office de carte provisoire d'identité congolaise mais elle a également assuré aux réfugiés qu'ils recevront d'autres documents attestant de leur nationalité, quel que soit le moment de leur retour.

Néanmoins, le délégué de l'UNHCR à Kinshasa, Eusebe Hounsokou, a indiqué à Radio Okapi : « Nous nous inquiétons que ces rumeurs soient à l'origine de mouvements de retour non contrôlés ».

« Du point de vue logistique et en termes de capacité d'absorption il n'est pas possible d'assister les 152 000 réfugiés congolais en Tanzanie pour un rapatriement volontaire avant la clôture des inscriptions sur les listes électorales au Sud-Kivu fin septembre. De plus, malgré les efforts considérables du gouvernement, des questions restent en suspens concernant la sécurité et la situation des droits de l'homme dans les régions de retour. Nous voulons éviter toute perte humaine. »

La complexité de la situation dans les régions du Kivu a été discutée, la semaine dernière à Lubumbashi, lors d'une réunion de trois jours du Comité technique de la Commission tripartite représenté par l'UNHCR et les gouvernements de la Tanzanie et de RDC.

L'agence pour les réfugiés a noté que, malgré le grand nombre de réfugiés congolais rentrés par leurs propres moyens depuis la fin de l'année dernière, elle reste préoccupée par les problèmes persistants de harcèlement de la part de militaires et par l'occupation illégale des maisons des rapatriés. De son côté, la délégation congolaise a déclaré Fizi et Uvira, deux zones de retours spontanés, comme étant deux régions sûres. Ils se sont également engagés à fournir tous les efforts nécessaires pour y améliorer la sécurité et la situation des droits de l'homme.

Un total de 377 510 réfugiés congolais se trouvent dans neuf pays d'asile limitrophes de la RDC : Angola (12 958), Burundi (30 000), République centrafricaine (4600), République du Congo (56 452), Rwanda (39 500), Soudan (1500), Tanzanie (152 000), Ouganda (14 000) et Zambie (66 000).

Voir le communiqué du HCR détaillant la situation et le site de la Mission de l'Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC).

 

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