Violences contre les femmes : un rapport de l'ONU préconise de renforcer la protection des travailleuses migrantes

17 août 2005

Les violences exercées contre les travailleuses migrantes demeurent un sujet de préoccupation pour les États Membres et les entités du système des Nations Unies, indique un rapport du Secrétaire général à l'Assemblée générale publié aujourd'hui, qui préconise notamment de rendre le droit de l'immigration plus favorable à ces femmes.

« Bien qu'aucune mesure législative conçue spécifiquement pour combattre ce phénomène n'ait été adoptée par les États Membres, les travailleuses migrantes sont aussi couvertes par des lois qui visent à protéger les femmes contre toutes les formes de violence », ainsi que par « certaines mesures telles que les stratégies nationales et des mécanismes nationaux », rappelle un rapport adressé par le Secrétaire général à l'Assemblée générale ainsi que le lui demandait une résolution de 2003.

« Un certain nombre de pays ont adopté des mesures visant spécifiquement soit les travailleuses migrantes proprement dites soit les immigrantes en général, par exemple l'aide aux immigrantes victimes de violences ».

Toutefois, recommande le rapport, « les États devraient mettre en place de façon plus systématique des mesures de prévention ciblées, y compris des initiatives pour sensibiliser les travailleuses migrantes et le grand public aux droits de ces femmes ».

Les campagnes d'éducation devraient aussi mettre en lumière l'apport constructif imputable aux travailleuses migrantes, notamment afin de démentir les informations mensongères qui provoquent des réflexes xénophobes et racistes dans les pays d'immigration et exposent les femmes migrantes à des risques de violences et de maltraitance.

Au niveau des institutions nationales, « les États devraient veiller à ce que les fonctionnaires publics, les membres des services de justice et police, les assistants sociaux, les dirigeants locaux et les cadres socioéconomiques qui peuvent être en contact avec des migrants soient sensibilisés au problème des violences à l'égard des travailleuses migrantes », indique le rapport.

Préconisant un « suivi constant » de ces recommandations, le rapport préconise aussi une action au niveau du droit de l'immigration.

« Des efforts devraient également être entrepris pour améliorer l'accès aux voies légales de migration afin que les candidates à l'émigration soient moins vulnérables à l'exploitation, aux mauvais traitements et à la traite des personnes. Les États devraient veiller au respect et à la protection des droits fondamentaux des travailleuses migrantes, quel que soit leur statut migratoire ».

« L'accès à l'établissement et à la naturalisation » devrait davantage respecter les droits fondamentaux, notamment en accordant des « délais raisonnables » de régularisation.

Par ailleurs, la possibilité d'accéder à l'établissement indépendamment des hommes membres de la même famille permettrait aux travailleuses migrantes de s'intégrer plus facilement aux collectivités d'accueil et contribuerait à prévenir les violences, les mauvais traitements et l'exploitation.

Enfin, indique le rapport, il faudrait encourager les gouvernements à ratifier les instruments internationaux relatifs aux migrations, notamment la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille, la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée et ses deux protocoles, ainsi que toutes les conventions de l'OIT applicables en la matière.

Toujours au niveau international, le rapport du Secrétaire général préconise « d'inviter les rapporteurs spéciaux chargés de la Commission des droits de l'homme à étudier la question des droits de l'homme des migrants et la question de la violence à l'égard des femmes, ses causes et ses conséquences, ainsi que tous les organes de suivi des traités internationaux relatifs aux droits de l'homme, à continuer d'accorder une attention particulière à la situation des travailleuses migrantes ».

 

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