Le nouvel administrateur du PNUD insiste sur l'importance des objectifs du Millénaire pour le développement

17 août 2005

Prendre la direction du PNUD au moment où la communauté internationale met la lutte contre la pauvreté au centre de son agenda socioéconomique est un important défi à relever, estime le nouvel administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement.

Pour faire face à la situation qui prévaut aujourd'hui, nous avons besoin de construire des partenariats solides entre les États, le secteur privé et les organismes internationaux multilatéraux dont fait partie le PNUD, a déclaré Kemal Dervis lors d'une conférence de presse hier à New York. Il a souligné que c'est à travers ces partenariats que pourrait être conçu et mis en place un véritable agenda du développement.

« Ce développement a cependant besoin de ressources. Celles-ci doivent être disponibles aux moments opportuns, et doivent être adéquates. Sans quoi, les efforts qui sont déployés le seront en vain », a estimé Kemal Dervis avant de souligner que les ressources mises à la disposition des programmes de développement doivent être utilisées de manière efficace et responsable. C'est dans ce but que l'ONU et le PNUD s'efforcent de rationaliser et d'harmoniser au maximum le cadre d'intervention des différents fonds et programmes du système onusien.

Kemal Dervis a estimé que le Sommet des dirigeants mondiaux prévu au mois de septembre à New York sera l'occasion de se pencher sur les difficultés qui se posent à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Il a estimé que les débats sur la réforme des Nations Unies ne devaient pas exclusivement se focaliser sur la seule réforme du Conseil de sécurité.

D'autres centres d'intérêt tout aussi importants devront retenir l'attention des dirigeants, comme par exemple la création d'une commission de consolidation de la paix. Le PNUD, a-t-il fait remarquer, est engagé dans les programmes de reconstruction de certains pays et zones sortant de conflits. Kemal Dervis a émis l'espoir que le document final qui sera adopté par les dirigeants du monde le mois prochain donnera aux questions économiques et sociales la place qu'elles méritent, étant donné que des considérations de nature économique sont souvent à la base de l'éclatement des nombreux conflits locaux ou régionaux qui mettent en danger la sécurité internationale.

Kemal Dervis s'est félicité du caractère concret et mesurable des OMD. La démarche proposée par le PNUD et ses partenaires pour leur réalisation a l'avantage de pouvoir être soumise à évaluation. La réalisation des OMD devrait être partie intégrante de la mise en œuvre des stratégies nationales de réduction de la pauvreté que la Banque mondiale mène en concertation avec les États où elle intervient, a-t-il estimé. C'est dans ce cadre que le PNUD jouera le mieux un rôle de soutien au renforcement de la cohérence entre les divers programmes que mettent en œuvre, chacun dans son domaine, les différents fonds, programmes et institutions spécialisées du système des Nations Unies.

Le nouvel administrateur du PNUD a déclaré que le versement par les pays industrialisés de 0,7% de leur PNB à l'aide au développement devait être perçu comme un acte de solidarité et de justice globale. Evoquant ensuite les modes d'intervention du PNUD, Kemal Dervis a relevé leur caractère multilatéral, impartial, et apolitique, et il a rendu hommage à la dynamique et à l'impulsion données au PNUD par son prédécesseur, Mark Malloch Brown. « Si nous le voulons vraiment et si nous nous en donnons les moyens, les Objectifs du Millénaire pour le développement sont réalisables », a conclu le nouvel Administrateur du PNUD.

En réponse à la question d'un journaliste qui lui demandait pourquoi la plupart des pays aujourd'hui en situation économique difficile n'avaient pas pu utiliser à bon escient l'aide au développement qui leur avait été fournie au cours des années 1960 et 1970, le nouvel administrateur du PNUD a fait observer que l'aide versée au cours de la période de la guerre froide par les pays riches aux États en développement avait un caractère essentiellement politique et ne se souciait pas vraiment du développement. L'utilisation des ressources versées n'était pas de ce fait soumise à la mise en œuvre de plans de développement rationnels ou à un contrôle strict soucieux de transparence, a affirmé Kemal Dervis.

Ex-Ministre de l'économie de la Turquie, M. Kemal Dervis a pris hier ses fonctions à la tête du PNUD. Sa nomination avait été proposée par Kofi Annan en avril 2005 (voir le communiqué).

Lire le communiqué de presse relatant l'intégralité de la conférence de presse et la biographie de Kerman Dervis.

 

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