Afghanistan : à l'approche des élections, l'insécurité continue de peser sur l'avenir du pays, selon un rapport de l'ONU

16 août 2005

Si les élections législatives et provinciales de septembre prochain marqueront la fin du « processus de Bonn », l'Afghanistan aura encore besoin de l'assistance internationale pour faire face à la violence extrémiste « de plus en plus sophistiquée », au trafic de drogue et aux difficultés économiques, indique un rapport du Secrétaire général.

Alors que l'Afghanistan se prépare aux élections qui se tiendront en septembre, l'enregistrement de plus de 5 000 candidats et de plus d'un million et demi de nouveaux électeurs sont « des indications tout à fait positives », indique le Secrétaire général dans son dernier rapport au Conseil de sécurité sur la situation en Afghanistan publié aujourd'hui.

Néanmoins, le Gouvernement et les forces internationales de sécurité doivent rester extrêmement vigilants face à toutes les sources possibles d'intimidation et de violence contre les électeurs et contre les candidats, indique le rapport.

L'achèvement de cette transition politique est une étape essentielle, puisque les critères politiques énoncés dans l'Accord de Bonn du 5 décembre 2001 auront été remplis une fois qu'auront été tenues les élections législatives (à la Wolesi Jirga) et les élections aux conseils provinciaux, le 18 septembre de cette année, « mais à elle seule elle ne suffira pas à établir en Afghanistan une paix durable ».

« La sécurité, la création d'institutions efficaces et le développement du pays prendront du temps et il faudra des efforts concertés pour poursuivre la construction commencée avec les résultats politiques obtenus depuis trois ans et demi. En fait, s'il n'y avait pas de progrès rapides dans ces domaines, les institutions politiques nouvellement créées risqueraient d'être mises à mal », prévient le Secrétaire général.

Si des progrès notables ont été accomplis dans divers domaines, notamment dans la réduction des accrochages entre factions et dans le succès du programme de désarmement, démobilisation et réinsertion, « la violence extrémiste n'a malheureusement pas diminué ».

« Elle a en fait augmenté et continue à compromettre la réalisation des aspirations fondamentales des Afghans, qui veulent la paix, la stabilité et une vie normale après 20 années de guerre ».

« Le moment est venu de s'attaquer avec énergie au problème de l'insécurité ». Cela suppose des actions militaires, soigneusement mesurées pour veiller à ce que la population n'en souffre pas. Il faut également s'occuper des sources de financement de la formation et des sanctuaires des insurgés, indique le rapport, qui rappelle que les Talibans et le mouvement Hezb Islami Gulbuddin Hekmatyar ne sont pas des opérations autonomes.

« Leurs sources extérieures de soutien doivent être éliminées, si l'on veut épargner à l'Afghanistan la perspective d'une insurrection interminable, dont les conséquences seraient imprévisibles tant pour le pays que pour l'ensemble de la région. »

Même sans le fardeau imposé par l'insurrection et la violence, la reconstruction de l'Afghanistan se heurte à un ensemble réellement redoutable de problèmes, en particulier l'extension de l'économie de la drogue, des indicateurs sociaux et économiques qui sont parmi les plus bas du monde et les conséquences de ce qui a été l'un des affrontements les plus meurtriers de la guerre froide.

Le Secrétaire général appelle en conséquence la communauté internationale à poursuivre son assistance « jusqu'à ce que, comme il est indiqué dans l'Accord de Bonn, les institutions afghanes chargées de la sécurité soient pleinement établies et fonctionnelles ».

Les pays de la région, et au-delà, doivent garder à l'esprit qu'un Afghanistan stable, libre de toute violence extrémiste, dans ce qui est encore un environnement très instable, demeure vital pour la paix et la sécurité internationales.

Ayant mis en place un gouvernement de transition, adopté une nouvelle constitution et tenu leurs premières élections démocratiques, les Afghans ont démenti tous ceux qui les croyaient incapables d'oublier leurs divisions d'autrefois, affirme le Secrétaire général qui estime qu'ils peuvent « encore surprendre l'opinion publique mondiale par leur détermination à tirer parti des possibilités qui, pour la première fois depuis plusieurs décennies, leur sont offertes ».

« Après les élections, j'ai l'intention d'entamer des consultations avec le Gouvernement afghan et avec tous les acteurs internationaux concernés afin de déterminer la marche à suivre après les élections », indique le Secrétaire général dans son rapport qui précise qu'une fois que ces consultations seront achevées, et avant l'expiration du mandat de la Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) en mars 2006, il a « l'intention de revenir devant le Conseil avec des propositions précises pour déterminer le rôle futur des Nations Unies en Afghanistan ».

 

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