Burundi : les violations des droits de l'homme continuent à être commises dans l'impunité

5 août 2005

La Mission des Nations Unies au Burundi fait état d'une situation inquiétante des droits de l'homme dans ce pays, soulignant que les violations quotidiennes commises tant par le FNL rebelle que par les forces armées nationales ne sont que rarement suivies d'arrestations.

« Les droits de l'homme c'est comme la démocratie, ils sont toujours à parfaire. Dans aucun pays au monde, les 30 articles de la Déclaration universelle des droits de l'homme ne sont scrupuleusement et quotidiennement appliqués. » Mais rien ne justifie les « violations quasi-quotidiennes des droits de l'homme au Burundi », a déclaré hier Ismaël Diallo, directeur de la division des droits de l'Homme de l'Opération des Nations Unies au Burundi (ONUB) lors d'une conférence de presse de la Mission.

La division des droits de l'homme de l'ONUB vient de publier un rapport mensuel (juin 2005) et un rapport trimestriel (avril - juin) tous deux aussi accablants l'un comme l'autre sur la situation des droits de l'Homme au Burundi.

Ces deux rapports couvrent les atteintes au droit à la vie, à la sécurité, à l'intégrité physique, au droit de circuler librement, à la propriété, ainsi que l'administration de la justice, et enfin les menaces à la liberté d'opinion et d'expression.

« Au Burundi, les auteurs des nombreux cas de violations des droits de l'homme ne sont pas souvent inquiétés, car il est rare que l'on procède à des arrestations », a indiqué Ismaël Diallo, qui a cité deux responsables principaux : le Parti pour la Libération du Peuple Hutu - Front National de Libération (Palipehutu-FNL), dernier parti rebelle ayant jusqu'ici refusé de se joindre au Gouvernement de Transition et les membres de la nouvelle Force de Défense Nationale (FDN) chargée de la sécurité du pays.

« Lorsque les auteurs d'actes de violence ne sont pas clairement identifiés, l'opinion publique a tendance à montrer du doigt le FNL. Lorsque les auteurs présumés sont identifiés, ce sont souvent des militaires de la Force de Défense Nationale », a expliqué le directeur de la Division des droits de l'homme.

« Face à l'impuissance des autorités burundaises à procéder à l'arrestation des personnes reconnues coupables de délits graves, l'impunité continue et les cas de violations restent en hausse », indique l'ONUB.

« En mai dernier, 53 personnes ont été victimes d'exécutions sommaires et extrajudiciaires par le fait des militaires de la FDN et des membres du FNL », a indiqué le responsable des droits de l'homme.

Pour les personnes qui croupissent en prison, leur « condition de détention laisse à désirer du fait de la surpopulation carcérale qui atteint souvent trois fois la capacité normale des cellules, voire plus ».

A cela, il faut ajouter la vétusté des prisons, ainsi qu'une formation insuffisante du personnel pénitencier. L'insuffisance de la formation du personnel carcéral a été illustrée tout récemment encore par des drames dans lesquels des prisonniers ont été abattus alors qu'ils tentaient de s'évader.

Dans le lot quotidien de violations des droits humains, les violences sexuelles figurent au plus haut rang. Pour renverser cette tendance, la division des droits de l'homme de l'ONUB, en collaboration avec des organisations non gouvernementales (ONG) locales et internationales, a entrepris depuis trois mois une campagne de sensibilisation sur les violences sexuelles à travers le pays.

« Il faudra encore quelques mois pour pouvoir apprécier l'impact de cette campagne, mais nous pouvons déjà avancer qu'il y a une amélioration dans le comportement des uns et des autres sur les violences sexuelles qui ont pour victimes surtout les jeunes et les mineurs, filles comme garçons », a dit Ismaël Diallo.

- Ecouter, sur la radio de l’ONU, l’entretien avec Ismaël Diallo, directeur de la Division des droits de l’homme à l’ONUB

 

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