VIH/sida : la circoncision n'est pas la panacée, rappellent les agences des Nations Unies

28 juillet 2005

Si elle ont salué une étude qui établit un lien possible entre la circoncision masculine et la diminution des infections par le VIH, les agences des Nations Unies engagées dans la lutte contre le sida restent prudentes et rappellent avec vigueur que la circoncision ne saurait protéger en soi de la contamination, et qu'il faut continuer les méthodes de prévention, notamment l'usage du préservatif.

« Si l'essai mené dans la province du Gauteng en Afrique du Sud parmi des hommes âgés de 18 à 24 ans et financé par l'Agence Nationale de Recherches sur le SIDA (ANRS) française, montre les effets protecteurs prometteurs de la circoncision chez l'homme adulte en matière de réduction de l'acquisition du VIH, l'ONUSIDA souligne que d'autres recherches doivent être menées pour confirmer la reproductibilité des résultats de cet essai et déterminer si les résultats ont ou non des implications plus générales ».

Ces conclusions résultent d'un appel élaboré par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) et le Secrétariat du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) publié le 26 juillet à Rio à l'occasion de la conférence internationale qui s'est terminée hier (voir notre dépêche du 25 juillet 2005).

« En particulier, les résultats de deux essais en cours en Ouganda et au Kenya, financés par les Instituts nationaux de la Santé des Etats-Unis, seront importants pour préciser la relation entre la circoncision masculine et le VIH dans différents contextes sociaux et culturels. Les résultats de ces essais devront être examinés par les gouvernements et autres partenaires clés afin de déterminer si la circoncision devrait être encouragée comme une intervention de santé publique supplémentaire visant à limiter le risque de transmission sexuelle du VIH ».

Si la circoncision se confirme être une intervention efficace pour réduire le risque de contracter le VIH, cela ne signifiera pas que les hommes seront protégés de l'infection à VIH au cours de rapports sexuels par le biais de la seule circoncision, rappelle l'agence des Nations Unies.

« De même, la circoncision masculine n'offre pas aux partenaires sexuels une protection contre l'infection au VIH. Il sera donc essentiel qu'elle fasse partie d'un ensemble complet de mesures de prévention, comprenant l'usage correct et constant du préservatif, le changement de comportement, et le conseil et le test volontaires. Toute nouvelle modalité de prévention ne doit pas limiter les comportements de protection et les stratégies de prévention existants qui diminuent le risque de transmission du VIH ».

L'ONUSIDA estime qu'il est prématuré de recommander des services de circoncision masculine en tant que partie intégrante des programmes de prévention du VIH, mais les gouvernements et le grand public expriment un intérêt accru en faveur de la circoncision masculine dans plusieurs pays africains. La nouvelle des résultats de l'essai présentés aujourd'hui peut augmenter la demande de services de circoncision masculine. Les gouvernements doivent prendre des mesures dès maintenant pour faire en sorte que la circoncision masculine soit effectuée par des praticiens formés, dans des structures sûres et bien équipées, afin de réduire le taux de complications post-opératoires.

L'ONUSIDA et d'autres organismes internationaux collaborent pour examiner les résultats disponibles de la recherche et leurs implications pour la prévention du VIH et les stratégies de santé reproductive masculine afin de fournir aux gouvernements et autres partenaires du développement des orientations et un appui coordonnés, cohérents et à jour.

- Ecouter, sur la radio de l'ONU, le reportage consacré à cette question

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