Espoir d'un changement décisif au Soudan d'ici fin 2005, affirme Jan Pronk devant le Conseil de sécurité

22 juillet 2005

Le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Soudan a estimé aujourd'hui, devant le Conseil de sécurité, que l'année 2005 pourrait être celle d'un changement décisif au Soudan et, notamment, dans la région du Darfour avec la Déclaration de principes, signée à Abuja le 5 juillet dernier.

Jan Pronk, Représentant spécial du Secrétaire général pour le Soudan et Chef de la Mission des Nations Unies dans ce pays (MINUS), a indiqué qu'aux succès de la signature de l'Accord de paix global entre le Nord et le Sud, le 9 janvier dernier, et l'investiture du gouvernement d'unité nationale, le 11 juillet dernier, venait s'ajouter la signature d'un accord, entre le gouvernement et un certain nombre de parties de l'opposition regroupés dans l'Alliance nationale démocratique.

Jan Pronk qui présentait le rapport mensuel du Secrétaire général sur le Darfour, aux membres du Conseil, a exprimé le même espoir pour cette région du Soudan.

À l'issue du cinquième cycle de négociations, une Déclaration de principes a été signée à Abuja, le 5 juillet, qui jette les bases des futures négociations qui pourraient s'achever avant la fin de l'année, a rappelé le Représentant du Secrétaire général.

En outre, des contacts avec le gouvernement et le Front de l'est indiquent une volonté d'aller aux négociations et, là encore, un accord pourrait intervenir avant la fin de l'année.

Redonner espoir aux millions de Soudanais qui ont souffert depuis plusieurs décennies dans le Sud du pays incombe à la fois aux dirigeants politiques soudanais et à la communauté internationale, a estimé Jan Pronk. Mais pouvons-nous créer le même genre de dynamique au Darfour ? s'est-il interrogé.

Le cessez-le-feu qui y a été décrété semble respecté par les parties au conflit, et les forces de l'Union africaine y font un travail que nous devons féliciter, a-t-il poursuivi, en indiquant que la force panafricaine agissait de manière très professionnelle et dévouée.

Bien que le nombre de victimes au Darfour reste élevé, il a cependant beaucoup diminué par rapport à la même période il y a un an, avant que le Conseil de sécurité n'adopte sa résolution sur le Darfour.

Cependant, la situation demeure délicate, a averti le Représentant spécial. Les actes de banditisme sont en hausse et les milices du Darfour n'ont pas encore désarmé, ce qui pose une menace à la fragile stabilité actuelle.

Après avoir déploré la poursuite de certains crimes, comme les viols de femmes et de fillettes, l'intervenant a indiqué que le gouvernement du Soudan venait de créer un tribunal chargé de juger les crimes contre l'humanité. Mais peu de cas ont été à ce jour soumis à cette instance et il semble que ces cas ne concernent que des lampistes, les officiers qui donnent les ordres et donc les principaux responsables de certains crimes restant encore intouchables.

La situation générale, au Soudan et au Darfour, reste fragile, a répété le Représentant spécial. La pauvreté y est très grande, et elle est généralement plus grave que dans le reste des autres pays africains. Le combat à mener en la matière devra être appuyé non seulement par le gouvernement soudanais, mais aussi par le reste de la communauté internationale, a estimé Jan Pronk.

À son avis, la stratégie adoptée à ce jour par la communauté internationale, qui s'appuie sur des programmes de nature politique, humanitaire et militaire, semble être la bonne, et n'a pas besoin d'être radicalement modifiée. Mais, elle a besoin d'être renforcée, et il faudrait y ajouter une stratégie économique, a-t-il recommandé.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.