HCR : forte augmentation des retours au pays de Congolais réfugiés en Tanzanie

22 juillet 2005

Avec l'année scolaire qui s'achève, l'agence des Nations Unies pour les réfugiés a constaté une augmentation significative du nombre de Congolais, réfugiés dans des camps à l'ouest de la Tanzanie, qui rentrent dans la région du Sud-Kivu, en République démocratique du Congo (RDC), par leurs propres moyens.

Avec l'année scolaire qui s'achève, l'agence des Nations Unies pour les réfugiés a constaté une augmentation significative du nombre de Congolais, réfugiés dans des camps à l'ouest de la Tanzanie, qui rentrent dans la région du Sud Kivu, en République démocratique du Congo (RDC), par leurs propres moyens.

« Alors que le nombre de retours enregistrés cette année n'avait pas excédé 1 100 par mois, nous avons accueilli, la semaine dernière, plus de 200 rapatriés en seulement deux jours. Les réfugiés nous disent avoir attendu que leurs enfants finissent l'année scolaire dans les camps en Tanzanie pour rentrer chez eux et inscrire leurs enfants dans les écoles en RDC », a déclaré Ron Redmond, porte-parole du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), lors d'une conférence de presse donnée aujourd'hui au Palais des Nations à Genève.

« Ils disent également que maintenant, pendant la saison sèche, c'est le moment idéal pour reconstruire leurs maisons, la plupart ayant été détruites dans les combats depuis 1996 », a indiqué Ron Redmond.

« Un autre facteur est qu'ils veulent également s'inscrire pour pouvoir voter lors des prochaines élections nationales, prévues par le processus de transition pour instaurer la démocratie en RDC », a-t-il ajouté.

« Le retour de tant de personnes ces derniers jours dans des circonstances aussi difficiles est, d'une part, l'expression de leur foi dans la paix naissant, dans une région longtemps instable, et, d'autre part, l'une des conséquences de coupes malheureuses dans les programmes d'assistance pour les camps en Tanzanie », a fait remarquer le porte-parole du HCR.

Quelque 153 000 congolais sont actuellement réfugiés dans les camps en Tanzanie.

Le 19 juillet dernier, le HCR avait alerté sur les conséquences de la diminution des rations alimentaires distribuées aux réfugiés vivant dans ces camps. Il s'était déclaré particulièrement préoccupé par l'augmentation de la violence sexuelle à l'encontre des femmes, obligées de sortir des camps pour aller chercher à manger (voir notre dépêche du 19 juillet 2005).

« Les réfugiés doivent payer 10 dollars par personne aux capitaines de bateaux, en bois, surchargés, à peine en état de naviguer, pour un voyage d'une quinzaine d'heure depuis la Tanzanie pour traverser le lac Tanganyika et atteindre les plages et les ports sur la rive congolaise, tels que Uvira et Baraka », a par ailleurs fait savoir aujourd'hui le porte-parole du HCR lors de sa conférence de presse.

« Une fois qu'ils sont arrivés en RDC, le HCR en partenariat avec les ONG locales les prend en charge pour les ramener chez eux dans leurs villages, malgré le fait que nous ne les encourageons pas à rentrer dans l'est de la RDC actuellement », a-t-il précisé.

L'augmentation du nombre de ce que nous appelons « retours spontanés » pose la question au HCR de savoir si nous devrions mettre en place ce que nous appelons des « retours facilités », a fait observer Ron Redmond.

« Les conditions dans l'est de la RDC ne se prêtent pas au retour et nous n'encourageons pas les réfugiés à quitter leurs pays d'asile. Mais nous devons aider ceux qui insistent pour rentrer en utilisant nos propres bateaux, ports et camions. Cette option est actuellement à l'étude », a-t-il expliqué.

« A la fin de la semaine dernière, nous avons mis en place notre plus important convoi pour les rapatriés spontanés (5 camions transportant 213 personnes, dont la moitié d'enfants) que nous avons ramenés dans des villages sur la route d'Uvira à Fizi, à 131 km au sud d'Uvira », a-t-il affirmé.

« Les rapatriés ont été accueillis par des foules enthousiastes tout le long de la route, qui criaient, applaudissaient, dansaient et chantaient d'être enfin réunies avec leurs amis et leurs familles qu'elles n'avaient pas vus depuis plus de 9 ans ».

« Le territoire de Fizy, dans la partie sud du Sud Kivu, a été la ligne de front pendant plusieurs guerres depuis 1996 et a subi une extrême destruction. Dans quelques villages, il n'y a quasiment plus une maison intacte, mais les rapatriés ont été immédiatement pris en charge par leurs anciens voisins et proches ».

 

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