Moyen-Orient : le mur de sécurité et les colonies de peuplement en débat au Conseil

22 juillet 2005

Les délégations qui ont participé au débat sur la situation au Moyen-Orient, organisé hier au Conseil de sécurité, à la demande des États arabes, ont centré leurs déclarations sur la question du mur de sécurité et des colonies de peuplement tandis que le Coordonnateur spécial de l'ONU a souhaité que l'Autorité palestinienne impose son contrôle sur les zones relevant de sa juridiction.

Regrettant la récente recrudescence de la violence au moment où Israël s'apprête à procéder à l'évacuation des colons de la bande de Gaza, Alvaro de Soto, Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, a souhaité, lors d'un exposé aux membres du Conseil sur la situation dans la région, que l'Autorité palestinienne impose son contrôle sur les zones relevant de la juridiction de ses forces de sécurité.

Concernant le désengagement israélien, le Coordonnateur spécial des Nations Unies a noté les progrès rapides accomplis par le gouvernement sur la question, malgré l'opposition de certains groupes, et relevé le soutien apporté par la Knesset qui a rejeté toute idée de report de la date du retrait.

Ouvrant le débat qui a suivi, à la demande du groupe des États arabes, l'Observatrice permanente de la Palestine, Somaia Barghouti, a appelé le Conseil de sécurité à dénoncer « la politique expansionniste et coloniale qu'Israël cache derrière son retrait de Gaza ».

Déplorant l'approbation par le gouvernement israélien du tracé de son mur de séparation à l'intérieur de Jérusalem-Est, elle a estimé que c'était un défi lancé à la communauté internationale au moment du premier anniversaire de l'Avis consultatif rendu par la Cour internationale de Justice sur cette question, un avis dans lequel la CIJ jugeait illicite la situation résultant de la construction de l'ouvrage.

Attirant l'attention du Conseil sur les violences dont sont victimes les Palestiniens, la représentante a dit que plus de 3 000 d'entre eux ont été tués par les forces israéliennes depuis l'année 2000.

Malgré les torts subis, la direction palestinienne souhaite le succès du désengagement israélien de Gaza, la mise en œuvre de la Feuille de route et le démarrage de négociations sur le statut final, a dit Somaia Barghouti.

De son côté, le représentant d'Israël, Dan Gillerman, a estimé qu'il était temps de mettre fin aux débats stériles et de passer à des actions pouvant réellement mettre fin à la violence et favoriser l'instauration de la paix.

Déclarant que 24 000 attentats terroristes ont été commis contre Israël au cours des cinq dernières années, le représentant a relevé qu'en dépit de ces faits, son gouvernement avait décidé, de son plein gré, d'assumer ses obligations envers le processus de paix en se désengageant de Gaza.

Israël aurait préféré opérer ce désengagement de manière concertée s'il avait eu en face de lui une Autorité palestinienne réellement responsable, a affirmé Dan Gillerman, ajoutant que son gouvernement a toujours souhaité voir les Palestiniens se gouverner eux-mêmes dans un cadre sûr et démocratique.

Concernant la construction du mur, dénoncée par les Palestiniens et de nombreuses délégations, le représentant a dit qu'Israël protégeait ainsi sa population, et que la construction de cette barrière de sécurité avait permis de réduire de 95% le nombre d'attaques terroristes.

Faisant connaître leurs positions sur la construction du mur, le représentant de la France, puis celui du Royaume-Uni, qui s'exprimait au nom de l'Union européenne, ont exprimé leur désapprobation sur le tracé actuel qui confisque des terres palestiniennes et semble préjuger des négociations qui devraient avoir entre Israël et les Palestiniens sur le statut final.

Pour le représentant des États-Unis, il faudrait plutôt, au-delà des accusations et des blâmes, travailler à la coordination du plan de retrait de Gaza et à la revitalisation de la Feuille de route.

Le désengagement de Gaza n'est que le début de cette relance, a dit le représentant de la Fédération de Russie qui a imputé la montée des tensions aux extrémistes qui veulent saper les accords passés entre l'Autorité palestinienne et Israël.

De nombreuses délégations ont rappelé que dans son Avis consultatif émis il y a un an, la CIJ avait demandé à Israël de réparer les dommages causés aux Palestiniens par la construction du mur.

Voir l'ensemble des déclarations dans le communiqué de l'ONU. Voir également notre dépêche d'hier sur la question.

 

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