Tanzanie : des réfugiés exposés à la violence sexuelle à cause de la diminution des rations alimentaires

19 juillet 2005

Deux agences des Nations Unies ont alerté aujourd'hui sur les conséquences de la diminution des rations alimentaires distribuées aux réfugiés burundais et congolais qui vivent dans des camps en Tanzanie et se disent particulièrement préoccupées par l'augmentation de la violence sexuelle à l'encontre des femmes obligées de sortir des camps pour aller chercher à manger.

C'est en raison du manque de fonds que le Programme alimentaire mondial (PAM) qui aide, depuis septembre 2004, plus de 400 000 réfugiés dans 12 camps à l'ouest de la Tanzanie, a été forcé de diminuer les rations alimentaires distribuées, rappelle un communiqué publié conjointement par le PAM et le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), aujourd'hui à Genève.

Parce qu'ils n'ont pas suffisamment à manger, un nombre croissant de réfugiés se voient dans l'obligation de sortir des camps pour chercher du travail, et par conséquent, courent le risque d'être arrêtés et emprisonnés, indique le communiqué. En effet, la loi en Tanzanie restreint la liberté de mouvement des réfugiés à ce qu'on appelle « les zones désignées », c'est-à-dire le périmètre des camps.

« A cause de la diminution des rations alimentaires, la nourriture qui est distribuée aux réfugiés dans les camps tous les deux semaines ne subvient plus aux besoins alimentaires que pendant 7 à 10 jours au lieu de 14, ce qui oblige les réfugiés à sortir des camps pour aller chercher à manger à l'extérieur, au risque d'être emprisonnés, battus ou violés », a déclaré Patrick Buckley, directeur du PAM en Tanzanie.

A moins que 5 millions de dollars ne soient débloqués immédiatement, ce qui permettra de fournir 11 000 tonnes de nourriture, les rations continueront d'être réduites, prévient le PAM. Au mois de juillet et au mois d'août, les réfugiés ne recevront que 65% des 2.100 calories nécessaires à la survie. Au mois d'octobre, ils n'en recevront plus que 55%, alerte l'agence.

A cela s'ajoute la violence domestique qui a augmenté à l'intérieur des camps parce que les familles se disputent sur la répartition de rations alimentaires limitées, indiquent les deux agences.

« La faim pousse les gens à faire n'importe quoi. Après un an de diminution des rations alimentaires, on a constaté une augmentation de la violence envers les femmes », a affirmé Patrick Buckley.

« Il n'est pas inhabituel pour les réfugiés, surtout pendant la semaine qui précède les distributions de nourriture, de ne manger qu'un repas par jour. Le manque de nourriture augmente les tensions. Une étude réalisée au début de l'année a montré que le motif principal de la violence domestique était les disputes liées au manque de nourriture – les maris et les femmes se disputent sur le point de savoir qui mangera, au sein de la famille, et qui sortira du camp pour chercher du travail et risquera de se faire arrêter ou pire encore », a expliqué Chrysantus Ache, représentant du HCR en Tanzanie.

 

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