Zimbabwe : l'Envoyée de l'ONU prolonge sa visite jusqu'à vendredi

5 juillet 2005

L'Envoyée spéciale de l'ONU au Zimbabwe doit se rendre aujourd'hui à Bulawao, la deuxième ville du pays, et poursuivra sa mission jusqu'à vendredi, dont le but est d'examiner l'impact des récentes et massives destructions de bidonvilles entreprises par les autorités du pays, au nom d'une « opération de rétablissement de l'ordre » mais jetant dans la rue quelque 200.000 personnes, en violation des droits fondamentaux à l'habitat.

Dans le cadre de sa mission, Anna Kajumulo Tibaijuka, directrice de l'Agence des Nations Unies pour les établissements humains (ONU-Habitat), a rencontré, le 29 juin dernier, le président Robert Mugabe, qui lui a assuré qu'elle pourrait se rendre partout où elle le souhaitait, rappelle un communiqué publié aujourd'hui à Harare.

Elle doit rester dans le pays jusqu'à vendredi, a indiqué le Secrétaire général, Kofi Annan, lors d'une rencontre avec la presse, en marge du sommet de l'Union africaine, à Syrte en Libye. A son retour, elle remettra son rapport au Secrétaire général.

L'Envoyée spéciale de l'ONU, arrivée dimanche 26 juin au Zimbabwe, a visité la semaine dernière plusieurs zones « nettoyées » par le gouvernement. Elle s'est notamment rendue dans la ville de Mutare, à l'est du pays, et dans le camp « Caledonian Farm » où vivent dans des conditions très difficiles plus de 4 000 personnes, victimes des expulsions.

Anna Kajumulo Tibaijuka a aussi visité « Porta Farm », site de la plus vaste opération d'expulsion menée par le gouvernement.

Au cours de sa visite, elle a par ailleurs entendu les arguments présentés par les ministres membres du comité chargé de la coordination des opérations d'expulsion et rencontré des représentants d'organisations non gouvernementales (ONG) et de la société civile.

A l'issue de ces entretiens, elle a exprimé son souhait d'enquêter sur les morts causées par ces opérations (voir notre dépêche du 1er juillet 2005).

Anna Kajumulo Tibaijuka a été chargée de sa mission, le 20 juin dernier, par le Secrétaire général a exprimé son souhait d'enquêter sur les morts causées par ces opérations (voir notr dépêche du 20 juin 2005).

Le 3 juin dernier, le Rapporteur spécial de la Commission des droits de l'homme des Nations Unies sur le droit à un logement convenable en tant qu'élément du droit à un niveau de vie suffisant, Miloon Kothari, avait adressé un appel urgent au gouvernement du Zimbabwe pour qu'il cesse immédiatement les « expulsions forcées massives » menées dans le pays.

Miloon Kothari avait rappelé au gouvernement que « les expulsions forcées étaient de prime abord incompatibles avec les dispositions du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, ratifié par le pays en 1991 » et qu'« elles ne pouvaient être exécutées que dans certaines circonstances particulières, en respectant un certain nombre d'exigences ».

 

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