Le Secrétaire général rappelle la nécessité de réformer le Conseil économique et social

29 juin 2005

Après quelques remarques sur l'économie mondiale, le Secrétaire général a rappelé aujourd'hui, à l'occasion de l'ouverture de la session de fond de 2005 du Conseil économique et social, la nécessité de le réformer. Il souhaite notamment qu'il puisse se réunir rapidement en cas de crises qui ne peuvent pas attendre une session annuelle.

« L'économie mondiale demeure robuste. Une de ses caractéristiques les plus frappantes est que, ces dernières années, la croissance a été dynamique dans beaucoup de pays en développement. Un autre élément remarquable est la reprise de la croissance en Afrique subsaharienne », a déclaré le Secrétaire général dans un discours prononcé à l'ouverture de la session de fond de 2005 de du Conseil économique et social (ECOSOC) (voir, pour l'ensemble des interventions, le communiqué de presse de l'ONU).

« Ces tendances sont encourageantes. Mais il n'est pas garanti qu'elles se maintiendront. La hausse des prix du pétrole et, surtout, les déséquilibres que présente l'économie mondiale sur les plans du commerce et de la fiscalité pourraient être de sérieux ralentisseurs », a poursuivi le Secrétaire général.

« Qui plus est, le plus difficile reste à faire: transformer la croissance en un moteur de développement pour tous. Dans la plupart des pays en développement, les taux de chômage et de sous-emploi demeurent élevés ».

« Le message est clair : la croissance économique est nécessaire, mais pas suffisante. Pour qu'elle soit un meilleur instrument de lutte contre la pauvreté, il faudra des politiques plus avisées, davantage de ressources, et des partenariats plus étroits. Ce n'est qu'à ces conditions que l'économie mondiale aidera à démarginaliser les laissés-pour-compte ».

« Le Sommet mondial offre une occasion comme il ne s'en présente que rarement de donner un coup de fouet aux efforts de réalisation des objectifs du Millénaire ».

Ce Sommet sera aussi l'occasion de réformer les Nations Unies et réformer Conseil économique et social, a poursuivi Kofi Annan.

« Principal organe d'élaboration des politiques de développement et de coordination de ces politiques, le Conseil a de nombreux atouts. Il est bien placé pour favoriser une approche intégrée du développement. C'est le seul organe habilité à coordonner les activités des organismes des Nations Unies et à traiter avec les organisations non gouvernementales, qui sont pour nous des partenaires de plus en plus importants. Avec son réseau de commissions techniques et régionales, il a d'importants moyens à sa disposition ».

« Sa principale mission, aujourd'hui, est de veiller à ce qu'il soit donné effet aux engagements pris, dans le domaine du développement, aux conférences et réunions au sommet qui se sont tenues sous l'égide des Nations Unies ces 15 dernières années ».

« Les propositions que j'ai faites dans mon rapport intitulé « Dans une liberté plus grande » sont axées sur les trois dimensions interdépendantes de ce travail de mise en œuvre », a-t-il indiqué.

« Premièrement, nous devons faire converger les axes de mise en œuvre. Nous devons mobiliser les gouvernants, les décideurs et tous les moyens du système des Nations Unies pour que nos bilans périodiques débouchent sur des mesures concrètes qui se renforcent les unes les autres. C'est pourquoi j'ai proposé que le Conseil économique et social tienne chaque année des sessions d'évaluation au niveau ministériel ».

« Deuxièmement, nous devons établir un lien beaucoup plus systématique entre les débats d'orientation et les activités opérationnelles sur le terrain. Nous avons besoin d'un lieu d'échange, de rencontre, de rassemblement où se réunissent tous les acteurs du développement et où tous les aspects de la coopération au développement puissent être étudiés du point de vue de leur logique et de leur cohérence. C'est dans cet esprit que j'ai invité le Conseil à tenir deux fois par an un forum de haut niveau sur la coopération au développement ».

« Troisièmement, nous devons faire face aux menaces et aux défis dans le domaine économique et social avec toute la diligence que nous mettons à réagir aux problèmes de paix et de sécurité. Qu'il s'agisse d'un tsunami en Asie, d'une famine en Afrique ou d'une crise de la dette en Amérique latine, nos interventions doivent être axées non seulement sur les secours d'urgence, mais aussi sur le développement en général. Nous ne pouvons prédire l'avenir, mais nous pouvons et devons nous y préparer en mettant en place des systèmes d'alerte rapide efficaces et en créant une véritable culture de la prévention ».

« Ces tâches aussi sont des tâches de coordination que le Conseil est bien placé pour exécuter. Mais ce ne sont certainement pas des tâches qui peuvent attendre une session annuelle. C'est pourquoi j'ai recommandé que le Conseil se réunisse rapidement quand il se produit des événements qui risquent de compromettre les progrès du développement ».

« J'ai aussi invité le Conseil à resserrer ses liens avec le Conseil de sécurité pour pouvoir traiter plus systématiquement des aspects économiques et sociaux des conflits. De même, j'ai suggéré qu'il collabore de près avec la Commission de la consolidation de la paix dont j'ai proposé la création, afin de cimenter les résultats des efforts qu'il déploie depuis des années pour sensibiliser le monde aux problèmes économiques et sociaux particuliers qui se posent au sortir d'un conflit », a déclaré Kofi Annan.

 

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