OCHA : l'action humanitaire des Nations Unies à la recherche de 2,6 milliards de dollars

29 juin 2005

Six mois après le lancement des appels humanitaires pour l'année 2005, il manque encore 2,6 milliards de dollars aux Nations Unies et à ses partenaires pour répondre aux besoins humanitaires urgents de 30 millions de personnes dans 29 pays, indique aujourd'hui la Coordination humanitaire de l'ONU.

Beaucoup de choses ont été faites avec les 2,4 milliards de dollars reçus en réponse aux appels de fonds, indique le Bureau de la Coordination des Affaires humanitaires (OCHA) dans un communiqué publié aujourd'hui, qui précise que ce montant, qui équivaut à 48% des financements requis cette année, ont permis de nourrir des dizaines de millions de personnes, d'en vacciner plusieurs millions et de fournir un abri à des centaines de milliers à travers le monde.

Toutefois, si l'on exclut l'Appel d'urgence pour l'océan Indien, lancé au début de l'année à la suite du tsunami qui a frappé l'Asie du Sud, les financements ne s'élèvent qu'à près de 36% des besoins globaux.

L'année dernière à la même année, ce chiffre s'élevait à 24%. C'est donc un progrès même s'il reste beaucoup à faire, a estimé Yvette Stevens, Coordonnatrice adjointe des secours d'urgence et Directeur du bureau d'OCHA à Genève.

Par ailleurs, bien que la moyenne de financement s'élève à 48%, huit appels ont été financés à moins de 30%.

Pour l'instant, l'appel pour la sécheresse à Djibouti (7,5 millions de dollars demandés) a reçu moins de 5% des fonds, l'appel d'urgence pour le Bénin (6 millions de dollars demandés) a reçu 9%, l'appel d'urgence pour le Niger (18 millions de dollars demandés) a reçu 15%, l'appel pour la République centrafricaine (26 millions de dollars demandés) a reçu 17%.

De même, l'appel pour le Tchad, lourdement affecté par la présence des réfugiés soudanais (223 millions de dollars demandés), a reçu 27%, l'appel d'urgence pour la Guyane (2,5 millions de dollars demandés) a reçu 29%.

Enfin, l'appel pour la Côte d'Ivoire (36 millions de dollars demandés) et celui pour la République du Congo (24 millions de dollars demandés) ont été financés à hauteur de 30%.

« Si nous convenons tous que la vie humaine a la même valeur partout, la même attention devrait être portée aux victimes du tsunami qu'au Bénin, à Côte d'Ivoire et à la République du Congo, et ce n'est pas le cas aujourd'hui », a déclaré Jan Egeland, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence.

« C'est le résultat d'une discrimination ». « Nous apportons plus d'aide aux crises humanitaires si elles se déroulent en Europe ou au Moyen-Orient que si elles interviennent en Afrique », avait déclaré Jan Egeland à l'issue d'une séance du Conseil de sécurité sur l'assistance humanitaire à l'Afrique (voir notre dépêche du 11 mai 2005).

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.