Zimbabwe : l'Envoyée de l'ONU rencontre Robert Mugabe

29 juin 2005

L'Envoyée spéciale de l'ONU pour les questions relatives aux établissements humains au Zimbabwe, Anna Kajumulo Tibaijuka, a rencontré Robert Mugabe, président du Zimbabwe, dans le cadre de sa mission qui est d'examiner l'impact des récentes et massives destructions de bidonvilles par les autorités du pays, en violation des droits fondamentaux à l'habitat.

Lors de cet entretien, « Robert Mugabe lui a assuré qu'elle pourrait se rendre où elle le souhaitait », a indiqué Stéphane Dujarric, porte-parole du Secrétaire général lors de son point de presse quotidien au siège de l'ONU à New York.

Anna Kajumulo Tibaijuka, qui est arrivée dimanche au Zimbabwe, a déjà visité plusieurs endroits autour de la capitale et notamment certaines zones « nettoyées » par le gouvernement, a ajouté Stéphane Dujarric.

« Elle continuera ses visites pendant encore quelques jours et rencontrera des représentants de la société civile », a précisé le porte-parole.

Le 20 juin dernier, le Secrétaire général avait chargé Anna Kajumulo Tibaijuka, directrice de l'agence de des Nations Unies pour les établissements humains (ONU-Habitat) d'une mission au Zimbabwe afin d'examiner l'impact des récentes destructions de bidonvilles par les autorités du pays, en violation des droits fondamentaux à l'habitat (voir notre dépêche du 20juin 2005).

Selon les informations parues dans la presse, les autorités du Zimbabwe se sont lancées, dans le cadre d'opérations « Clean Sweep et Restore Order » [Nettoyage et rétablissement de l'ordre], dans un vaste mouvement de destruction des bidonvilles. Ce mouvement aurtait déjà fait des milliers de sans abris à travers le pays qui se voient par ailleurs interdit de poursuivre dans la rue les activités commerciales grâce auxquelles ils survivaient.

Le 3 juin dernier, le Rapporteur spécial de la Commission des droits de l'homme des Nations Unies sur le droit à un logement convenable en tant qu'élément du droit à un niveau de vie suffisant, Miloon Kothari, avait adressé un appel urgent au gouvernement du Zimbabwe pour qu'il cesse immédiatement les « expulsions forcées massives » menées dans le pays.

Miloon Kothari avait rappelé au gouvernement que « les expulsions forcées étaient de prime abord incompatibles avec les dispositions du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, ratifié par le pays en 1991 » et qu'« elles ne pouvaient être exécutées que dans certaines circonstances particulières, en respectant un certain nombre d'exigences ».

Les Etats doivent notamment s'assurer que « toutes les alternatives possibles ont été explorées en consultation avec les personnes concernées », faire en sorte que « des procédures ou recours juridiques, ainsi qu'une indemnisation adéquate pour toute propriété affectée, soient mis à disposition des personnes affectées par l'ordre d'expulsion », s'assurer que « dans les cas où elles sont considérées comme justifiées, les expulsions soient réalisées dans le strict respect des dispositions pertinentes du droit international relatif aux droits de l'homme et conservent un caractère raisonnable et proportionnel ».

En outre, une expulsion ne doit jamais aboutir à rendre une personne sans abri ou vulnérable à des violations de ses droits de l'homme. Avant d'exécuter un ordre d'expulsion, les gouvernements doivent donc s'assurer qu'un logement de substitution adéquat ou une réinstallation soit proposé à toutes les personnes concernées, soulignait l'expert de l'ONU.

 

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