Darfour : le taux de mortalité a baissé de manière significative, selon une nouvelle étude de l'ONU

28 juin 2005

Le taux de mortalité a baissé de manière significative dans la région du Darfour, à l'ouest du Soudan, mais la santé des populations reste « extrêmement » fragile, selon une nouvelle étude réalisée par l'ONU en collaboration avec le gouvernement soudanais.

Selon un étude menée par le gouvernement du Soudan, des agences des Nations Unies et des organisations non gouvernementales sous la direction de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le taux de mortalité au Darfour a diminué de manière significative, a indiqué aujourd'hui Stéphane Dujarric, porte-parole du Secrétaire général, lors de son point quotidien avec la presse au siège de l'ONU à New York.

Cependant, prévient le communiqué, la santé des populations dans cette région du Soudan reste « extrêmement » fragile.

Le Coordonnateur des affaires humanitaires de l'ONU au Soudan, Manuel Aranda Da Silva, qui avait commandé l'enquête, a annoncé que les efforts des acteurs de l'aide humanitaire avaient permis de contenir la crise.

Selon l'enquête de l'ONU, le taux de mortalité est tombé à 0,8 décès par jour pour 10.000 habitants, soit un taux inférieur à ce que l'ONU définit comme une crise, à savoir un décès par jour pour 10.000 habitants, et un taux trois fois inférieur à l'étude précédente.

« Toute pause dans la mise en oeuvre des programmes humanitaires en raison de leurs financements ou de changements des conditions de sécurité aura un impact dramatique et provoquera une dégradation de la situation », a toutefois mis en garde Manuel Aranda Da Silva.

« L'étude montre les efforts héroïques réalisés par les travailleurs humanitaires, à la fois du personnel soudanais et étranger, dans des conditions particulièrement difficiles au Darfour. Des dizaines de milliers de vie ont été sauvées grâce à leur travail », a affirmé Jean Egeland, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires.

« Mais, a-t-il ajouté, je suis très préoccupé par le fait que l'espace sur lequel les humanitaires peuvent travailler diminue. Le gouvernement et les rebelles doivent faire plus pour protéger la population et permettre notre travail ».

L'enquête a été réalisée sur le terrain de la mi-mai à la mi-juin, par plus de 70 personnes, pour la plupart des épidémiologistes expérimentés. Au total, plus de 3 000 familles, soit 26.000 personnes ont été vues dans les trois Etats du Darfour- parmi lesquelles des personnes déplacées vivant dans des camps, d'autres personnes déplacées vivant à l'extérieur des camps et des habitants du Darfour affectés par le conflit entre les mois de novembre et mai.

Depuis 2003, le Darfour est en proie à une violente guerre civile entre les forces gouvernementales et les forces rebelles. Près de deux millions de personnes ont fui leurs habitations du fait des affrontements entre les forces gouvernementales et les rebelles.

 

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