Ethiopie/Erythrée : le Secrétaire général recommande une mission du Conseil de sécurité sur le terrain

28 juin 2005

Estimant dans son dernier rapport sur l'Ethiopie et l'Erythrée que l'impasse dans laquelle se trouve le processus de paix ne peut pas durer indéfiniment, le Secrétaire général recommande de nouveau au Conseil de sécurité d'entreprendre une mission sur le terrain pour « donner aux deux pays l'assurance de son soutien indéfectible au processus de paix ».

Le fait que l'intégrité de la zone de sécurité temporaire entre l'Ethiopie et l'Erythrée a continué d'être préservée depuis mars dernier, « en dépit de la persistance de difficultés dans le processus de paix et d'autres problèmes sur le terrain, est un résultat qui n'est pas négligeable », indique le Secrétaire général dans son dernier rapport (S/2005/400) sur la situation entre l'Erythrée et l'Ethiopie, dans lequel il félicite « les parties de l'attachement qu'elles continuent de manifester à l'Accord sur la cessation des hostilités, signé à Alger en juin 2000 ».

Ce rapport est soumis en application du paragraphe 12 de la résolution 1320 (2000) du Conseil de sécurité, en date du 15 septembre 2000, et rend compte de l'évolution du processus de paix depuis le 7 mars dernier. Le rapport décrit également les activités de la Mission des Nations Unies en Éthiopie et en Érythrée (MINUEE) pendant la période considérée, dont le mandat vient à expiration le 15 septembre 2005.

Dans son rapport, le Secrétaire général se déclare toutefois « profondément préoccupé par les cas d'échanges de coups de feu qui viennent de se produire dans la zone de sécurité temporaire ». « Ces incidents pourraient facilement dégénérer, au point de compromettre la stabilité militaire et de faire reculer le processus de paix », indique le Secrétaire général, qui « en appelle aux deux parties pour qu'elles continuent de faire preuve de la plus grande modération possible à tout moment et veille à ce que ces incidents déplorables ne se reproduisent pas ».

« Dans mon dernier rapport au Conseil de sécurité, j'ai demandé à l'Éthiopie de retirer celles de ses forces armées qui sont déployées près des zones frontalières et de revenir aux positions qu'elle occupait avant le 16 décembre 2004 pour contribuer à faire baisser la tension entre les deux pays. Les raisons de cet appel demeurent valides et j'engage instamment le Gouvernement à accorder d'urgence à cette question toute l'attention qu'elle mérite », indique le Secrétaire général.

« L'impasse dans laquelle se trouve le processus de paix ne peut durer indéfiniment. Je voudrais donc recommander de nouveau au Conseil de sécurité d'entreprendre une mission en Éthiopie et en Érythrée pour donner aux deux pays l'assurance de son soutien indéfectible au processus de paix ».

Le rapport appelle par ailleurs les « témoins présents à la signature de l'Accord d'Alger, en particulier les États qui ont de l'influence sur les parties, à jouer un rôle plus concerté afin d'aider les parties à sortir les négociations de l'impasse dangereuse et prolongée dans laquelle elles sont enlisées ».

Il met en lumière notamment l'absence de dialogue politique entre les parties comme l'un des obstacles aux efforts accomplis pour trouver une solution au conflit.

« Est-il besoin de souligner l'importance capitale du dialogue dans un conflit si l'on veut parvenir à une paix durable? »

Le rapport encourage par ailleurs les parties à mettre en œuvre la décision de la Commission du tracé de la frontière afin de mettre un terme à une source majeure de conflit.

 

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