Soudan : l'heure est venue pour les donateurs de s'exécuter, alerte Kofi Annan

Soudan : l'heure est venue pour les donateurs de s'exécuter, alerte Kofi Annan

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Le Soudan a besoin d'urgence de l'aide promise par les donateurs, a indiqué aujourd'hui Kofi Annan dans une lettre adressée au président du Conseil de sécurité, dans laquelle il rappelle que les besoins pour le reste de l'année se chiffrent à plus d'un milliard de dollars pour venir en aide à 6 millions de personnes menacées de famine. Il a prévenu que c'était le processus de paix tout entier qui était menacé.

Le Soudan a besoin d'urgence de l'aide promise par les donateurs, a indiqué aujourd'hui Kofi Annan dans une lettre adressée au président du Conseil de sécurité, dans laquelle il rappelle que les besoins pour le reste de l'année se chiffrent à plus d'un milliard de dollars pour venir en aide à 6 millions de personnes menacées de famine. Il a prévenu que c'était le processus de paix tout entier qui était menacé.

« En dépit de nombreuses et généreuses contributions, de graves déficits affectent tous les secteurs et toutes les régions du Soudan. Nous nous attendons à ce que les besoins pour le reste de l'année, qui seront réévalués dans les prochaines semaines, se chiffrent à plus d'un milliard de dollars. Si les déficits ne sont pas comblés sans retard, je crains fort que de graves conséquences humanitaires ne s'ensuivent et que la paix longtemps attendue ne soit compromise », a affirmé aujourd'hui le Secrétaire général dans une lettre au Président du Conseil de sécurité pour le mois de juin, l'ambassadeur de la France, Jean-Marc de La Sablière.

« Les besoins humanitaires énormes du Soudan ne cessent de croître. Dans les prochains mois, plus de six millions de personnes auront besoin d'une aide alimentaire d'urgence pour survivre », a-t-il souligné, citant des chiffres qui dépassent largement les prévisions les plus pessimistes pour le Darfour citées par Jan Egeland, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence, au mois de mars dernier (voir notre dépêche du 3 mars 2005).

« Au moment même où l'ensemble du pays entre dans une période de famine, qui coïncide avec la saison des pluies, le Programme alimentaire mondial (PAM) fait face à un déficit financier de plus de 300 millions de dollars », a-t-il souligné.

« Dans le courant du mois d'août, d'après nos estimations, d'importantes ruptures d'approvisionnement en vivres affecteront les opérations dans le sud et l'est du pays ainsi que dans les zones de transition, opérations qui visent 3,2 millions de personnes », a indiqué le Secrétaire général, qui a rappelé que ces mêmes régions, « parmi les plus pauvres et les moins développées du monde », avaient désespérément besoin d'aide, sous forme de vivres, d'eau, de fournitures agricoles, d'abris ainsi que d'assistance dans le domaine de l'éducation, pour pouvoir absorber les populations revenant dans leurs foyers ».

Le Secrétaire général estime que « les retours volontaires devraient s'intensifier après la saison des pluies et atteindre le chiffre de 1,2 million cette année ».

« Au Darfour, les progrès considérables réalisés dans la distribution de l'aide humanitaire risquent d'être réduits à néant, faute de moyens financiers », a-t-il prévenu, ajoutant que « si nous ne réussissons pas à relever ces défis maintenant, les conséquences politiques pourraient nous hanter pendant de nombreuses années », si jamais le « grand espoir de paix pour l'ensemble du Soudan – l'Accord global de paix », se trouvait menacé.

Cela fait plus de deux mois que les donateurs ont promis plus de 4,5 milliards de dollars, lors de la conférence d'Oslo, mais un pourcentage important des engagements pris par les donateurs pour cette année ne s'est pas encore matérialisé », a rappelé le Secrétaire général (voir notre dépêche du 12 avril 2005).

« L'heure est venue pour les donateurs de s'exécuter. Ce n'est plus le moment de fixer de nouveaux défis ou de définir d'autres conditions de financement ».

« Le moindre retard se paiera en vies humaines et menacera une paix longtemps attendue », a conclu le Secrétaire général.

Dans une tribune du 14 avril dernier, le Secrétaire général avait déjà appelé la communauté internationale à respecter ses engagements à l'égard du Soudan et du Darfour, l'appelant à ne pas répéter les erreurs du Rwanda et de la Bosnie (voir notre dépêche du 14 avril 2005).

« Les milliards promis peuvent aider. Mais les gens affamés ne peuvent pas manger des promesses », avait-il averti.

Dans un communiqué publié aujourd'hui, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) déplorait lui aussi le manque de financement dont souffre ses activités au Darfour (voir notre dépêche d'aujourd'hui).