Trois milliards de dollars pour 14 missions, le coût du maintien de la paix

23 juin 2005

Trois milliards de dollars pour financer quatorze opérations de maintien de la paix pendant un an, c'est le budget alloué hier par l'Assemblée générale pour le prochain exercice. «Une bonne affaire», selon les termes du chef de Cabinet du Secrétaire général, Mark Malloch Brown, si on compare ce budget aux 900 milliards de dollars que représentent les dépenses militaires annuelles dans le monde.

Trois milliards de dollars pour financer quatorze opérations de maintien de la paix pendant un an, c'est le budget alloué hier par l'Assemblée générale pour le prochain exercice. « Une bonne affaire », selon les termes du chef de Cabinet du Secrétaire général si on compare ce budget aux 900 milliards de dollars que représentent les dépenses militaires annuelles dans le monde.

« L'Assemblée générale a ouvert hier un crédit de 3 milliards 180 743 200 dollars pour financer 14 opérations de maintien de la paix en activité, du 1er juillet 2005 au 30 juin 2006 », indique un communiqué de presse de l'ONU publié hier à New York.

Un chiffre qui pâlit en comparaison du budget des dépenses militaires mondiales qui s'élève à quelque 900 milliards de dollars par an, selon le rapport de Jeffrey Sachs, Conseiller spécial du Secrétaire général, intitulé « Investir dans le développement : plan pratique pour réaliser les objectifs du Millénaire pour le développement » .

« C'est une bonne affaire - peut-être même trop bonne », avait estimé le chef de Cabinet du Secrétaire général, Mark Malloch Brown, lors d'une intervention devant le Comité des relations internationales de la Chambre des représentants américain dans laquelle il déplorait le manque de ressources de l'Organisation, rappelant qu'au total, l'ONU mène 18 missions de maintien de la paix dans le monde, comprenant 67.000 militaires, pour un budget de 4,5 milliards de dollars », ce qui représente moins de 1% du total des dépenses militaires mondiales (voir notre dépêche du 19 mai 2005).

« En achevant aujourd'hui son examen de tous les rapports de la Cinquième Commission (questions administrative et budgétaire) dont elle était saisie au titre de la 59e session, l'Assemblée générale a adopté plus de 30 résolutions ou décisions relatives notamment au financement des activités de maintien de la paix », indique le communiqué de l'ONU.

« Seule la résolution concernant la Force des Nations Unies au Liban (FINUL) a fait l'objet d'un vote en raison d'une disposition du texte selon laquelle les dépenses occasionnées par l'incident survenu à Cana le 18 avril 1996 devaient être portées à la charge d'Israël. La résolution a finalement été adopté par 126 voix pour, 2 contre (États-Unis et Israël) et une abstention (Tonga) ».

« Au titre du financement des missions politiques spéciales, missions de bons offices et autres initiatives politiques autorisées par l'Assemblée générale ou le Conseil de sécurité, l'Assemblée générale a également recommandé l'ouverture d'un crédit de 24 171 700 dollars pour le Bureau politique des Nations Unies pour la Somalie et la subvention du Tribunal spécial pour la Sierra Leone, dont un montant maximum de 13 millions pour compléter les ressources du Tribunal pour la période du 1er juin au 31 décembre 2005.

L'Assemblée générale a notamment adopté une résolution en 22 parties traitant des questions multisectorielles relatives à la gestion de l'ensemble des opérations de maintien de la paix. Ce texte, adopté par consensus, constitue une référence sur les questions transversales, la formation du personnel militaire, de la police civile et du personnel civil, mais aussi le recrutement du personnel de série 300, la déontologie ou encore le financement des opérations de désarmement, démobilisation et réinsertion dans le contexte d'une augmentation sans précédent du nombre de missions et du budget annuel du maintien de la paix.

Par ailleurs, au titre du chapitre XIV de cette résolution, relatif à la lutte contre l'« exploitation et abus sexuels », l'Assemblée générale a prié le Secrétaire général de lui présenter à sa prochaine session une analyse approfondie de cette question, en insistant sur un examen systématique de toutes les questions relatives à la conduite du personnel, la formulation de politiques générales, la formation, les relations avec les populations locales, le suivi du respect des règles de déontologie, l'établissement des responsabilités, les mesures disciplinaires et les enquêtes.

 

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