OCHA : le Niger, nouvelle crise oubliée

2 juin 2005

L'appel à contribution pour venir en aide à 3,6 millions de personnes menacées par la faim, après les ravages causés par les invasions de sauterelles, a laissé totalement froide la communauté internationale qui n'a pas donné un seul dollar, indique la Coordination humanitaire de l'ONU. Alors que l'appel pour les victimes du tsunami a été financé à 100%, les besoins pour le reste du monde sont financés à 25% seulement à la mi-2005.

« À ce jour, la communauté internationale est restée sourde à l'appel d'urgence lancé, il y a deux semaines, en faveur du Niger », indique le Bureau de la Coordination des Affaires humanitaires (OCHA) de l'ONU dans un communiqué publié aujourd'hui à New York.

Face à la crise alimentaire qui frappe le pays, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires avait demandé la somme de 16,5 millions de dollars pour venir en aide, pendant quatre mois, à quelque 3,6 millions de personnes dont 150 000 enfants souffrant de malnutrition.

« La crise alimentaire résulte de l'invasion de sauterelles de 2004 qui a été la plus dévastatrice que le pays ait connue en 15 ans. Cette année, le pays risque de subir les mêmes phénomènes. Les sommes demandées sont principalement destinées aux secteurs de l'agriculture, de l'alimentation et de la santé », indique le communiqué.

« Alors que la communauté des donateurs a financé à 100% les besoins humanitaires découlant du tsunami, elle n'a répondu qu'à hauteur de 25% aux besoins du reste du monde. À cette date, pas un seul dollar n'a été promis pour le Niger en réponse à l'appel lancé il y a deux semaines », déplore la Coordination humanitaire de l'ONU.

Le 11 mai dernier, Jan Egeland, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence, avait déploré la discrimination qui frappe l'Afrique sur le plan humanitaire, préoccupation qui avait été soulignée aussi par le Conseil de sécurité (voir notre dépêche du 11 mai 2005).

« La majorité de nos appels en Afrique sont gravement sous-financés, en dessous de 20% pour l'instant cette année », avait précisé Jan Egeland.

Ainsi, l'appel à contributions en faveur de la Côte d'Ivoire n'avait reçu au mois d'avril dernier que 0,05% des fonds humanitaires demandés pour l'année 2005 (voir notre dépêche du 8 avril 2005).

S'exprimant sur la crise au Darfour, le Secrétaire général avait pour sa part rappelé sa proposition formulée dans son rapport intitulé « Dans une liberté plus grande: vers le développement, la sécurité et les droits de l'homme pour tous », qui propose la création d'un « «fonds humanitaire de taille raisonnable, qui donnerait les moyens d'agir très rapidement au lieu d'en appeler aux dons et d'attendre les contributions ».

Le phénomène des « crises oubliées » a conduit le département de l'information de l'ONU à établir chaque année une liste, non exhaustive, des « Dix sujets dont le monde n'entend pas assez parler ».

 

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