L'arrestation du personnel de MSF au Soudan, un évènement très inquiétant, selon Louise Arbour

31 mai 2005

La Haut Commissaire aux droits de l'homme a condamné aujourd'hui l'arrestation par les autorités soudanaises de deux membres de l'organisation Médecins sans frontière au Soudan, après la publication d'un rapport de l'organisation qui dénonce les violences sexuelles dans le pays. Viol et violences sexuelles sont des réalités avérées pour les femmes au Darfour, a rappelé Louise Arbour.

Après Jan Egeland hier, Louise Arbour, Haut Commissaire aux droits de l'homme des Nations Unies, s'est dite gravement préoccupée par l'arrestation hier, à Khartoum au Soudan, du chef de la section néerlandaise de Médecins Sans Frontières (MSF) dans le pays, après la publication au mois de mars dernier d'un rapport sur le viol dans la région soudanaise du Darfour, indique un communiqué publié aujourd'hui à Genève (voir notre dépêche du 30 mai 2005).

« Il s'agit là d'un événement très inquiétant », a déclaré la Haut Commissaire. « Le viol et la violence sexuelle sont des réalités avérées de la vie des femmes au Darfour », a-t-elle ajouté. « Telle est la conclusion de nos équipes de surveillance sur le terrain, de la Commission internationale d'enquête sur le Darfour et de toutes les enquêtes sérieuses qui ont été menées sur la crise des droits de l'homme qui se déroule dans la région. MSF n'a rien fait de plus que de constater ces crimes odieux et d'essayer d'attirer sur eux toute l'attention nécessaire ».

« Prendre la communauté humanitaire pour cible alors qu'elle ne fait que son travail ne peut que nuire à la population du Darfour et détourner l'attention des véritables criminels, qui sont ceux qui continuent de violer, de tuer et de piller en toute impunité », a poursuivi la Haut Commissaire, qui a « demandé au Gouvernement soudanais de faire en sorte que le personnel des droits de l'homme et les travailleurs humanitaires puissent travailler librement et sans crainte de représailles ».

Pour sa part, lors d'un point avec la presse aujourd'hui à son arrivée à New York, le Secrétaire général a indiqué que l'ONU intervenait et qu'il attendait des nouvelles de son Représentant spécial, Jan Pronk.

Interrogé aujourd'hui sur ses entretiens avec des femmes victimes de viol au Darfour et sur des rumeurs d'arrestation de son propre interprète sur le terrain, Kofi Annan a précisé que l'interprète, qui avait été présent lors d'un récit d'une mère parlant de sa fille, avait été harcelé par les autorités soudanaises, mais pas arrêté.

Le Secrétaire général a de nouveau transmis les appels des femmes des camps qui réclament plus de sécurité. L'ampleur du phénomène des viols conduit les réfugiées à se terrer dans les camps et les empêche de sortir, comme elles le font traditionnellement pour aller chercher du bois de chauffe ou de l'eau.