Louise Arbour présente son plan de réforme du Haut Commissariat aux droits de l'homme

27 mai 2005

Louise Arbour, Haut Commissaire aux droits de l'homme, a dévoilé aujourd'hui son plan d'action qui plaide pour le doublement du budget de son Bureau dans les cinq ans à venir, un renforcement de la présence sur le terrain et la création du Conseil des droits de l'homme, comme l'avait suggéré le Secrétaire général. Le Bureau de l'ONU pour les droits de l'homme ne bénéficie à l'heure actuelle que de 1,8% du budget des Nations Unies.

La Haut Commissaire aux droits de l'homme des Nations Unies, Louise Arbour, a adressé aujourd'hui au Secrétaire général de l'ONU un plan d'action sur l'amélioration de la mise en œuvre des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans le monde, indique un communiqué publié aujourd'hui à Genève.

C'est le Secrétaire général qui a demandé la préparation de ce plan dans le cadre de son rapport intitulé « Dans une liberté plus grande : vers le développement, la sécurité et les droits de l'homme pour tous » qui recommande notamment le renforcement du Haut Commissariat aux droits de l'homme.

Le plan d'action (en anglais) préconise notamment une meilleure présence du Haut Commissariat dans les pays et une meilleure réactivité aux crises et aux besoins sur le terrain.

« Le caractère central des droits de l'homme au regard du mandat des Nations Unies ne fait pas de doutes ». Pourtant, « si le programme des Nations Unies en matière de droits de l'homme a fait des progrès historiques au cours des 60 dernières années », « son organe politique est aujourd'hui en difficulté, son rôle de surveillance est faible, et le Haut Commissariat souffre régulièrement d'une pénurie de ressources et de sous-équipement », indique Louise Arbour en introduction de son plan d'action.

Le plan présente une approche stratégique pour l'orientation future du Haut Commissariat aux droits de l'homme. Il définit notamment des domaines qui appellent une attention particulière : la pauvreté, la discrimination, les conflits armés, l'impunité, le déficit démocratique et les faiblesses institutionnelles.

Concrètement, il recommande une plus grande présence du Haut Commissariat sur le terrain grâce à des bureaux régionaux et nationaux, une meilleure surveillance de la situation des droits de l'homme dans les pays, davantage de recherche et d'analyse des situations dans chaque pays ayant une visée pratique et une capacité de réaction plus rapide aux demandes d'assistance qui lui sont adressées par les pays.

D'autres recommandations visent à renforcer la capacité du Haut Commissariat à déployer des « équipes de réaction rapide » en situation de crise, assurer une présence auprès des opérations de maintien de la paix dans les zones de conflit. Il est également proposé de créer une unité spéciale du Haut Commissariat sur la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et de renforcer les efforts de promotion des droits économiques, sociaux et culturels auprès du public.

Le plan d'action prévoit en outre un rôle de premier plan du Haut Commissaire pour favoriser une plus grande interaction avec les organes des Nations Unies concernés par les questions des droits de l'homme, l'établissement de partenariats plus étroits avec la société civile et la publication d'un rapport annuel thématique.

« L'objectif doit être de contribuer à combler le fossé qui sépare les idéaux des droits de l'homme exprimés dans l'enceinte des Nations Unies et les dures réalités du terrain » indique Louise Arbour.

Le texte souligne toutefois que pour que toutes ces recommandations se réalisent, il faudra une augmentation considérable des ressources.

« Alors que la Charte des Nations Unies identifie l'avancement des droits de l'homme comme l'un des principaux objectifs de l'Organisation, 1,8% du budget des Nations Unies seulement lui est affecté, et l'essentiel des ressources du Haut Commissariat proviennent de contributions extrabudgétaires ».

Louise Arbour estime donc dans son plan d'action que le Haut Commissariat devra doubler ses ressources au cours des cinq ou six prochaines années.

S'agissant de la proposition du Secrétaire général de réformer la Commission des droits de l'homme, qui deviendrait un Conseil des droits de l'homme chargé d'examiner les situations dans tous les pays, le Haut Commissariat « appuie fermement la proposition d'assurer la surveillance des situations dans les pays par un système efficace, juste et transparent d'examen par les autres États, et qui soit fondé sur l'universalité » (voir, sur le projet du Secrétaire général, notre dépêche du 7 avril 2005).

« Pour sa part, le Haut Commissariat est disposé à contribuer aux efforts visant à trouver le meilleur moyen d'y parvenir », indique la Haute Commissaire aux droits de l'homme.

Louise Arbour avait regretté, lors de la clôture de la session annuelle de la Commission des droits de l'homme, que les questions relatives aux droits de l'homme restent traitées de manière insuffisante au niveau national. Elle avait également plaidé pour la création d'un Conseil des droits de l'homme qui remplacerait la Commission (voir notre dépêche du 22 avril 2005).

 

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