Sud Soudan : l'accord de paix global risque d'échouer par manque de financement, affirme Kofi Annan

27 mai 2005

Confirmant des pénuries alimentaires dans le Sud du pays, le Secrétaire général a attiré aujourd'hui à Khartoum l'attention sur le paradoxe du manque de financement pour le Sud où existe un accord, et de l'absence d'accord au Darfour où existent les ressources. Kofi Annan a aussi salué la reprise des négociations sur le Darfour entre le Gouvernement soudanais et les mouvements rebelles, annoncé pour le 10 juin à Abuja, exprimant l'espoir qu'ils négocieraient jusqu'à aboutir à un accord.

Arrivé aujourd'hui à Khartoum, capitale du Soudan, le Secrétaire général s'est déclaré « très satisfait de l'Accord Nord-Sud. A présent nous souhaitons un accord sur le Darfour », a-t-il déclaré.

Kofi Annan a exprimé l'espoir que les négociations qui reprendront le 10 juin prochain à Abuja, au Nigeria, sous la médiation de Salim Ahmed Salim, ancien Secrétaire général de l'Organisation de l'Unité africaine, « se feraient dans un esprit de compromis et qu'ils seraient déterminés à rester à Abuja jusqu'à ce qu'ils parviennent à un résultat satisfaisant » (voir également notre dépêche d'aujourd'hui).

A l'issue d'un entretien avec le Ministre des Affaires étrangères du Soudan, Mustafa Osman Ismaïl, Kofi Annan a précisé qu'il se rendrait demain au Darfour afin d'y constater la situation de lui-même.

Le Secrétaire général a précisé qu'il avait discuté avec le gouvernement soudanais de la résolution 1593 (2005), par lequel le Conseil de sécurité a décidé de « déférer au Procureur de la Cour pénale internationale (CPI) la situation au Darfour depuis le 1er juillet 2002 », c'est-à-dire de lui renvoyer l'examen des crimes commis dans cette région tant par le gouvernement et les milices que par les mouvements rebelles (voir notre dépêche du 1er avril 2005).

La résolution soulignait également que « le Gouvernement soudanais et toutes les autres parties au conflit du Darfour doivent coopérer pleinement avec la Cour et le Procureur et leur apporter toute l'assistance nécessaire ».

« J'ai précisé à Mustafa Osman Ismaïl que le Conseil de sécurité s'attend à ce que soient respectés la lettre et l'esprit du Traité de Rome », qui institue la CPI, a déclaré Kofi Annan, soulignant que les « crimes commis par les rebelles » n'étaient pas ignorés et qu'ils seraient tenus pour responsables de leurs actes.

Le Secrétaire général a par ailleurs confirmé les pénuries alimentaires rencontrées dans le Sud du pays par le Programme alimentaire mondial (PAM), citant des problèmes de financement.

« Nous n'avons pas le financement nécessaire. Il est dommage que dans le Sud du Soudan nous disposions d'un accord de paix mais que nous n'ayons pas les ressources requises. Au Darfour nous n'avons pas d'accord de paix mais nous avons plus de ressources ».

« Nous ne devrions pas laisser l'accord de paix échouer à cause d'un manque de financement », a déclaré le Secrétaire général de l'ONU.

 

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