Soudan : Alpha Oumar Konaré estime que l'intervention de troupes non africaines pourrait déstabiliser davantage le pays

27 mai 2005

Au micro de la radio de l'ONU, Alpha Oumar Konaré, Président de la Commission de l'Union africaine, a souligné hier que l'intervention de troupes non africaines pourrait déstabiliser davantage le Soudan. De son côté, le Secrétaire général a exclu aujourd'hui l'intervention de troupes de l'OTAN, préférant un soutien logistique pour déployer des troupes supplémentaires.

« Nous ne demandons pas à l'OTAN de fournir des troupes à l'Union africaine. Nous avons demandé un soutien logistique afin de pouvoir déployer des troupes supplémentaires », a déclaré aujourd'hui au Soudan Kofi Annan alors qu'il était interrogé sur l'implication éventuelle de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN).

Le Secrétaire général a précisé que « de très bonnes offres d'assistance » avaient été formulées lors de la conférence qui s'est tenue hier à Addis-Abeba et qu'elles étaient en train d'être analysées afin de vérifier qu'elles répondaient aux besoins exprimés (voir nos dépêches du 26 mai 2005 sur l'ouverture et la clôture de la conférence ainsi que la tribune de Kofi Annan et d'Alpha Oumar Konaré sur le Darfour).

Lors d'un entretien accordé hier à la Radio de l'ONU, le Président de la Commission de l'Union africaine, Alpha Oumar Konaré, a rappelé que « l'enjeu au Darfour était humanitaire et politique ».

« Il faut arrêter ce drame, il faut renforcer les conditions de sécurité » mais « si des troupes non africaines intervenaient aujourd'hui, on courrait le risque d'une déstabilisation beaucoup plus grande », a-t-il affirmé.

« Ce n'est pas par prétention que nous affirmons un tel principe, mais quand on connaît l'histoire de ce pays, lorsque l'on connaît la complexité des situations sociales à l'intérieur du Soudan, il est important que l'Afrique assume ses responsabilités politiques au Soudan ».

« Si un accord de paix est conclu à Abuja et que la mise en oeuvre des accords de Naivasha se fait dans les délais indiqués au début du mois prochain, cela créera les conditions nécessaires pour que les Soudanais prennent leurs affaires en main, mais dans une perspective démocratique ».

Sur la conférence qui s'est tenue hier à Addis-Abeba, Alpha Oumar Konaré a estimé que ce qui était important, « c'était que l'Afrique avait senti qu'il y avait une attente de la part de la communauté internationale pour qu'elle s'assume et qu'il y avait une volonté de sa part de nous accompagner, d'être solidaire ».

« La communauté internationale – et c'est un grand motif de satisfaction pour moi – a accepté le leadership de l'Union africaine et c'est une grande reconnaissance politique », a-t-il affirmé.

Alpha Oumar Konaré s'est aussi dit confiant que son appel de près de 500 millions de dollars serait rempli. « Il faut maintenant passer à la mise en oeuvre dans la transparence », a-t-il souligné.

« L'Union africaine n'a pas pour vocation de faire du maintien de la paix », « mais de faire de la prévention », a-t-il rappelé en réponse à une question sur le nombre nécessaire de troupes sur le terrain, qui pourrait être porté à 6 000 voire plus.

L'augmentation démesurée du nombre de troupes « consacrera un échec et risquera d'ouvrir effectivement l'entrée de troupes non africaines », a affirmé Alpha Oumar Konaré à la Radio de l'ONU.

image  Radio de l'ONU (audio)

 

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