VIH/sida : les pays en développement nettement plus affectés

26 mai 2005

La dernière étude du Département des affaires économiques et sociales de l'ONU sur le VIH/sida, présentée dans la perspective de la réunion de haut niveau qui doit se tenir à l'Assemblée générale le 2 juin prochain, rappelle que le taux de prévalence dans les pays en développement est neuf fois plus important et que 700 000 personnes seulement sur les 6 millions qui en ont besoin dans les pays en développement reçoivent un traitement antirétroviral.

« En dépit du fait que les pays mettent en place des stratégies globales de prévention de l'infection VIH/sida pour mieux faire connaître et évoluer les comportements à risques, les réponses nationale et internationale demeurent insuffisantes face à la gravité de l'épidémie », affirme la Division de la population du Département des affaires économiques et sociales de l'ONU (DESA selon son acronyme anglais), dans un communiqué publié aujourd'hui à New York.

Ces conclusions ont été rassemblées dans un graphique qui présente les dernières données disponibles, en préparation de la réunion de haut niveau de l'Assemblée générale consacrée au VIH/sida qui se tiendra le 2 juin prochain, précise DESA.

L'Assemblée générale examinera les actions qui ont été lancées aux niveaux national et international depuis l'adoption par l'Assemblée générale de la Déclaration d'engagement sur le VIH/sida, il y a quatre ans.

« S'agissant de la lutte contre les comportements à risque, les approches gouvernementales s'appuient sur les programmes de suivi et d'évaluation d'activités d'information, d'éducation et de communication (IEC) relayés par les médias. Malgré la mise en œuvre de ces programmes, les comportements à risque persistent », souligne l'ONU.

« En outre, si les programmes de promotion de l'usage du préservatif sont largement diffusés, les problèmes de distribution et la faible qualité des produits affectent tout particulièrement les pays africains, où seulement 1% des couples ont des relations sexuelles protégées ».

« Pour ce qui est de la sécurité des transfusions, les progrès considérables réalisés dans le cadre des politiques nationales sont relevés. Toutefois, la fiabilité des tests sanguins varie en fonction des pays ».

Concernant les traitements antirétroviraux, leur accès reste très faible. En effet, en dépit d'efforts internationaux pour réduire le coût de ces médicaments, seules 700 000 personnes sur les 6 millions devant être traitées dans les pays en développement et en transition reçoivent un traitement antirétroviral, indique le Département des affaires économiques et sociales de l'ONU.

Le graphique indique encore que la moitié des pays ont adopté des mesures juridiques contre la discrimination, dans la mesure où la stigmatisation décourage les changements de comportement et fait obstacle à l'application des soins.

Depuis le premier cas de sida diagnostiqué en 1981, la pandémie s'est rapidement propagée, touchant toutes les régions du monde. Plus de 20 millions de personnes sont mortes du sida et on compte actuellement près de 40 millions de contaminés. L'information présentée démontre que les pays les plus durement touchés sont également les plus pauvres et ceux dont les politiques nationales de santé sont les plus faibles.

Le taux de prévalence du sida est ainsi neuf fois plus élevé dans les pays en développement que dans les autres régions du monde.

Le Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, l'a indiqué dans son Rapport intitulé « Dans une liberté plus grande: vers le développement, la sécurité et les droits de l'homme pour tous » : « Faute de traitement curatif, seule une mobilisation massive de tous les secteurs de la société – sans précédent dans l'histoire de la santé publique – peut commencer à inverser la tendance actuelle », rappelle le communiqué.

 

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