Une alternative viable : réduire la production de drogues illicites grâce au développement

20 mai 2005

Les efforts fournis par l'ONU, en collaboration avec les gouvernements, pour aider les quatre millions d'agriculteurs dans le monde, qui cultivent des plantes servant à fabriquer des drogues illicites, à trouver des activités de substitution, n'attire pas suffisamment l'attention des médias, regrette le Département de l'information de l'ONU qui a décidé de faire figurer ce thème dans sa liste 2005 des « Dix sujets dont le monde n'entend pas assez parler ».

« La lutte contre les drogues illicites ne souffre pas d'un manque de médiatisation surtout quand les autorités interceptent de grandes cargaisons ou arrêtent un baron de la drogue. En revanche, les efforts fournis pour aider les agriculteurs qui cultivent des plantes servant à fabriquer des drogues illicites à trouver des activités de substitution sont moins visibles », indique un communiqué du Département de l'information de l'ONU (DPI) qui a décidé de faire figurer ce thème dans sa liste 2005 des « Dix sujets dont le monde n'entend pas assez parler » (voir notre dépêche du 3 mai 2005).

Quatre millions d'agriculteurs qui vivent en dessous du seuil de pauvreté tirent en gros 50 % de leurs revenus de la culture de plantes servant à fabriquer des drogues, rappelle le DPI.

« Les activités de substitution, un processus qui offre des options juridiques aux communautés qui tirent leurs revenus d'activités illicites, sont la seule façon de combattre les activités illicites de l'intérieur », déclare Antonio Maria Costa, chef de l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) pour qui il vaut mieux s'assurer du bien-être des agriculteurs plutôt que d'agir sur leurs craintes.

« L'expérience a montré que si les agriculteurs et leurs familles ont d'autres moyens d'obtenir des revenus, ils abandonnent rapidement la culture de plantes servant à fabriquer de la drogue, préférant des moyens de subsistance légitimes », explique le département de l'ONU.

« Grâce à la détermination du gouvernement et à l'octroi d'autres moyens de subsistance, la Turquie et la Thaïlande ont été les premiers pays dans le monde à éliminer avec succès et de manière durable la culture illicite de l'opium », indique le DPI.

Le gouvernement thaïlandais a travaillé en étroite collaboration avec l'ONUDC à des projets dans les régions montagneuses du pays pour permettre aux agriculteurs de développer des activités de substitution aux cultures de plantes servant à fabriquer des drogues illicites. Le résultat est probant : la Thaïlande ne cultive plus d'opium depuis 1993 et la Turquie ne cultive plus d'opium illicite depuis 1974. La culture licite d'opium continue, sans diversification, pour satisfaire des besoins médicaux.

En Colombie, l'ONUDC a fait équipe avec le gouvernement et les supermarchés Carrefour pour assurer aux agriculteurs des revenus à partir d'activités légales. Carrefour a fourni un espace gratuit dans ses supermarchés aux agriculteurs qui voulaient vendre les produits venant des activités de substitution et a même acheté à perte les produits non vendus. Les biens produits dans le cadre du programme d'activités de substitution ont généré 2 millions de dollars en 2004, avec plus de la moitié des ventes attribuée à Carrefour. La Colombie reste cependant le fournisseur mondial de cocaïne. En 2003, elle a produit 67 % de la cocaïne dans le monde mais elle a réduit la culture du coca d'environ 50 %.

Au Laos, l'ONUDC a aidé le gouvernement à remplir sa promesse de mettre fin à la culture de l'opium d'ici la fin de l'année, en éliminant environ la fabrication de cinq tonnes d'héroïne du marché international de la drogue. Pour le Laos, troisième producteur mondial d'opium illicite, c'était un défi monumental. Des gains remarquables ont déjà été obtenus. En moins de dix ans, le Laos et Myanmar ont réduit leur production d'opium de 78 %.

Sur les « Dix sujets dont le monde n'entend pas assez parler », voir notre dépêche du 19 mai 2005 sur la violence contre les femmes, 18 mai 2005sur l'île de la Grenade, du 10 mai 2005sur la Sierra Leone, du 9 mai 2005 sur les droits de l'homme, du 6 mai 2005 sur le Nord de l'Ouganda, du 5 mai 2005 sur la fistule, du 4 mai 2005 sur la Somalie.

 

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