Guinée-Bissau : le Conseil de sécurité condamne à son tour les déclarations risquant de menacer les élections présidentielles de juin

17 mai 2005

Après le Secrétaire général hier, le Conseil de sécurité a fait part aujourd'hui de sa préoccupation face aux déclarations de l'ex-Président du pays qui pourraient avoir des conséquences regrettables pour le rétablissement de la gouvernance constitutionnelle et réaffirmé son soutien au Président Henrique Rosa. Avec ses déclarations, l'ex-Président a rompu la « Charte de transition » qui lui interdit de se présenter aux élections.

« Les membres du Conseil de sécurité se déclarent à nouveau préoccupés par la situation politique en Guinée-Bissau et notamment par les déclarations récentes qui pourraient avoir des conséquences regrettables pour le rétablissement de la gouvernance constitutionnelle et la tenue de l'élection présidentielle le 19 juin 2005 », a affirmé aujourd'hui, dans une déclaration à la presse, la Présidente du Conseil de sécurité pour le mois de mai, Ellen Margrethe Løj, du Danemark.

Les membres du Conseil, qui ont « réaffirmé leur soutien aux autorités nationales, en particulier au Président de la République, M. Henrique Rosa », ont exprimé leur « appui au Secrétaire général et à son Envoyé spécial, l'ancien Président Joaquim Chissano, pour les efforts qu'ils font afin d'aider tous les acteurs politiques à mener à terme le processus de transition dans le calme et dans l'ordre ».

Le Conseil de sécurité engage par ailleurs « les responsables politiques du pays à user de leur pouvoir avec toutes les précautions voulues et la plus grande modération, afin d'éviter d'exacerber les tensions et de causer de nouvelles souffrances à la population ».

Hier, le Secrétaire général a lancé « un appel à toutes les composantes de la société bissau-guinéenne, en particulier à ses dirigeants politiques, pour qu'ils renoncent à toute action ou déclaration qui pourraient menacer les processus électoraux et de transition, pacifiques et ordonnés, ou par ailleurs exacerber les tensions dans le pays ».

Le Secrétaire général s'était déclaré en particulier « profondément préoccupé par les déclarations qui semblent avoir pour intention de perturber le processus de transition en cours en Guinée-Bissau ».

Selon les informations parues dans la presse, Koumba Yala, ancien président de Guinée-Bissau, renversé par un coup d'état militaire en 2003, s'est auto-proclamé dimanche président, faisant craindre un retour du chaos dans l'ancienne colonie portugaise, un mois avant la date prévue pour l'élection présidentielle.

L'ex-Président Koumba Yala est soumis par la « Charte de transition » à l'interdiction formelle d'exercer toute activité politique pendant cinq ans, à compter du 14 septembre 2004.

 

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