Sierra Leone : des obstacles à la consolidation d'une paix durement acquise

10 mai 2005

Les Nations Unies ont mis fin au conflit, désarmé des milliers de combattants, libéré des milliers d'enfants soldats et suivi les élections démocratiques. Mais alors que ses casques bleus risquent de partir à la fin de l'année, le Département de l'information de l'ONU, qui a choisi de faire figurer la Sierra Leone parmi sa liste 2005 des « Dix sujets dont le monde n'entend pas assez parler », prévient que la communauté internationale devra aider à la consolidation du pays.

Alors que les casques bleus pourraient bientôt quitter la Sierra Leone, si le Conseil de sécurité en décidait ainsi, après une mission de cinq ans dans le pays, le monde doit rester engagé, indique un communiqué du Département de l'information de l'ONU qui a décidé de faire figurer ce thème dans sa liste 2005 des « Dix sujets dont le monde n'entend pas assez parler ».

La Mission des Nations Unies en Sierra Leone (MINUSIL) compte parmi les succès les plus visibles de l'ONU, intervenant pour mettre fin à un conflit barbare qui a fait au moins 75 000 morts et laissé un grand nombre de mutilés (voir notre dépêche du 28 octobre 2004).

L'ONU a désarmé plus de 72 500 combattants, dont 20 000 enfants soldats et mené le processus de paix qui a conduit à la création d'un nouveau gouvernement national.

L'Organisation a par ailleurs contribué à réguler l'industrie du diamant, qui avait alimenté le conflit, mais la Sierra Leone reste l'un des pays les plus pauvres du monde, et la paix demeure fragile, rappelle le communiqué.

« Les frontières du pays sont poreuses, la région de l'Afrique de l'Ouest reste instable, le chômage répandu et un grand nombre d'ex-combattants pourraient reprendre les armes si l'occasion s'en présentait ».

Dans son dernier rapport au Conseil de sécurité, le Secrétaire général estimait que « la situation généralement calme qui règne en Sierra Leone sur le plan politique et sur le plan de la sécurité a permis de réaliser de nouveaux progrès vers la consolidation de la paix dans ce pays. Avec le concours de la MINUSIL et de ses partenaires de développement, le Gouvernement sierra-léonais remplit progressivement les critères permettant de mesurer la stabilisation du pays et de moduler en conséquence le retrait de la présence résiduelle de la Mission ».

Il recommandait aussi que la réduction des effectifs de la présence résiduelle de la MINUSIL commence à la mi-août 2005 pour se terminer, pour l'essentiel, au 31 décembre 2005.

« La situation en Sierra Leone reste cependant fragile et beaucoup reste à faire pour résoudre les causes profondes du conflit dans ce pays pour assurer sa stabilité à long terme et son relèvement », estimait par ailleurs le Secrétaire général.

Voir nos dépêches 9 mai sur les droits de l'homme, du 6 mai 2005 sur le Nord de l'Ouganda, du 5 mai 2005 sur la fistule, celle du 4 mai 2005 sur la Somalie et celle du du 3 mai 2005.

 

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